Imaginary interview

Imaginary interview with Cicero

by Charactorium · Cicero (106 av. J.-C. — 42 av. J.-C.) · Philosophy · Politics · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

C'est dans la villa de Tusculum, parmi les collines albaines où Cicéron aime se réfugier, qu'arrive Atticus en ce début d'année 43 avant J.-C. Sur la table, des rouleaux de papyrus à demi déroulés et une lampe à huile encore allumée malgré le jour levé : Cicéron prépare de nouveaux discours contre Antoine. Les deux hommes sont amis depuis leur jeunesse, liés par une correspondance où Cicéron s'est confié sans masque. Atticus, inquiet pour celui qu'il aime, vient ce matin chercher l'homme derrière l'orateur.

Marcus, toi et moi avons grandi loin de la grande noblesse de Rome. Toi, fils d'Arpinum — comment as-tu osé viser le consulat ?

Tu le sais mieux que quiconque, Atticus : aucun de mes ancêtres n'avait jamais porté la toge du consul. Né à Arpinum dans l'ordre équestre, j'étais ce que la noblesse nomme avec dédain un homo novus, un homme nouveau. Mais je possédais une arme que l'hérédité ne donne pas : la parole. J'ai gravi le cursus honorum tout entier — questeur, édile, préteur — chaque magistrature suo anno, à l'âge le plus précoce que permette la loi. Quand j'atteignis le consulat en 63 avant notre ère, je fus le premier de ma lignée à m'asseoir dans la sella curulis. Les grandes familles me toléraient sans m'aimer. Mais Rome n'appartient pas seulement à ceux qui héritent d'un nom : elle appartient à ceux qui la servent.

Rome n'appartient pas seulement à ceux qui héritent d'un nom : elle appartient à ceux qui la servent.

Te souviens-tu de ta défense du jeune Roscius, en 80, quand Sylla régnait encore ? On te croyait fou d'affronter son protégé.

Comment l'oublier ? Sextus Roscius était accusé d'avoir tué son propre père, et derrière l'accusation se cachait Chrysogonus, un affranchi tout-puissant du dictateur Sylla, qui convoitait l'héritage du mort. Tous les avocats expérimentés s'étaient récusés par prudence. Moi, j'avais à peine vingt-six ans, et je n'avais rien à perdre que ma peur. J'ai plaidé en montrant que le vrai parricide n'était pas l'accusé, mais ceux qui se gorgeaient des biens des proscrits. J'ai gagné, et j'ai survécu — ce qui n'allait pas de soi. Du jour au lendemain, on connut mon nom à Rome. J'avais compris une chose : un discours bien armé peut tenir tête à un homme que les armes elles-mêmes n'osent affronter.

Et cette nuit où tu démasquas Catilina devant le Sénat ? On murmure encore tes premiers mots, dans le temple de Jupiter Stator.

Ah, cette nuit-là ! Le Sénat siégeait, sous bonne garde, dans le temple de Jupiter Stator, et Catilina eut l'audace de s'y présenter, lui qui complotait de m'égorger et d'incendier Rome. Je me suis levé, et je lui ai lancé en face : Quo usque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? — Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? Mes paroles furent quatre discours, et elles firent ce que nulle armée n'avait fait : elles le chassèrent de la ville sans qu'une épée fût tirée. Le Sénat m'avait confié le senatus consultum ultimum, ce pouvoir extrême de sauver l'État. Je l'ai exercé. Et l'on me décerna le titre de Père de la Patrie — l'honneur dont je reste, je l'avoue, le plus fier.

Mais avoir fait exécuter les conjurés sans procès, Marcus — cela ne t'a-t-il pas valu, ensuite, l'exil et la maison rasée ?

Tu touches là ma blessure, Atticus, et tu sais que je ne m'en cache pas avec toi. Oui : pour sauver la République, j'ai fait mettre à mort des citoyens romains sans le procès auquel la loi leur donnait droit. Je croyais — je crois encore — que l'urgence le commandait. Mais mes ennemis n'attendaient que cela. Cinq ans plus tard, Clodius fit voter mon bannissement ; ma domus du Palatin fut rasée, mes biens dispersés. J'ai connu l'exil à Thessalonique, et ce furent les mois les plus noirs de ma vie. Puis le Sénat me rappela triomphalement et vota la reconstruction de ma maison aux frais publics. J'ai sauvé l'État, et l'État a failli me broyer : voilà le prix de ceux qui servent sans se ménager.

Marcus, lorsque nous étions jeunes et que tu étudiais à Athènes auprès d'Antiochos, pressentais-tu que tu donnerais à Rome une langue pour philosopher ?

Pas le moins du monde ! À Athènes, dans ces années 79 et 77, je voulais seulement affermir ma voix et nourrir mon esprit auprès d'Antiochos d'Ascalon. Mais en revenant, j'ai mesuré notre misère : les Grecs avaient des mots pour chaque nuance de la pensée, et le latin, lui, restait muet sur l'essentiel. Alors j'ai forgé. Qualitas pour traduire leur idée de qualité, moralis pour ce qui touche les mœurs, humanitas pour ce qui élève l'homme au-dessus de la brute. J'ai voulu qu'un Romain pût enfin lire la sagesse dans sa propre langue, sans se courber devant la grecque. Mes Tusculanes, mon De Officiis sont nés de cette ambition. Donner des mots à un peuple, vois-tu, c'est lui donner des pensées qu'il ne savait pas encore avoir.

Donner des mots à un peuple, c'est lui donner des pensées qu'il ne savait pas encore avoir.
Cicero statue courthouse, Rome, Italy
Cicero statue courthouse, Rome, ItalyWikimedia Commons, CC0 — Jebulon

Ce traité que tu rédiges pour ton fils, sur les devoirs — qu'espères-tu lui transmettre que la seule rhétorique ne saurait donner ?

Mon De Officiis, oui. Mon fils Marcus étudie à Athènes, et je crains qu'il n'y prenne plus le goût du vin que celui de la sagesse. Je lui écris donc ce que tout homme public devrait méditer : comment résoudre le conflit entre l'utile et l'honnête. Car le vulgaire croit qu'il faut choisir l'avantage ; moi je soutiens que ce qui est vraiment honnête est toujours utile, et qu'aucun profit ne vaut une faute. Je lui rappelle aussi cette vérité que je porte en moi : Non nobis solum nati sumus — nous ne sommes pas nés pour nous seuls ; notre patrie réclame une part de notre existence, nos amis une autre. La rhétorique apprend à convaincre. La philosophie apprend ce qui mérite qu'on convainque.

Quand Tullia nous a quittés, tu t'es enfermé à Tusculum. Tes lettres d'alors m'ont déchiré, Marcus. Comment l'écriture t'a-t-elle tenu debout ?

Tu as été, en ces jours-là, le seul mur contre lequel je pouvais m'appuyer. La mort de ma fille Tullia m'a ôté toute envie de vivre ; le Forum, le Sénat, tout me semblait cendre. Je me suis retiré dans cette villa où nous sommes, et je me suis mis à écrire sur la douleur, sur la mort, sur les passions — ce furent mes Tusculanes. Écrire, c'était convertir ma plaie en pensée, pour qu'elle cesse de me dévorer en silence. Tu te souviens de ce que je t'avais confié, des années plus tôt déjà, dans une de mes lettres : ces heures de loisir où je t'écris sont les seules où je me sente vivre. Cela n'a jamais été plus vrai qu'après Tullia. La philosophie ne m'a pas consolé. Mais elle m'a empêché de sombrer.

Écrire, c'était convertir ma plaie en pensée, pour qu'elle cesse de me dévorer en silence.

Toi qui as tant servi l'État, as-tu fini par préférer l'otium de tes villas au tumulte du Forum ?

Ne me tends pas ce piège, mon ami ! J'ai toujours défendu l'otium cum dignitate, le loisir digne consacré à l'étude — non l'oisiveté du paresseux, mais le repos fécond de l'esprit. Quand le negotium, les affaires publiques, me chassent du Forum, je me réfugie dans mes livres ; quand la République m'appelle, je quitte mes livres sans hésiter. Car j'ai écrit dans mon De Republica que res publica res populi — la chose publique est la chose du peuple, une société fondée sur le droit et l'intérêt commun. Comment lui tournerais-je le dos ? Mes traités, je les ai écrits dans la retraite ; mais je les ai écrits pour la cité. L'otium n'est légitime, à mes yeux, que s'il rend l'homme plus capable de servir.

Ces discours que tu lances contre Antoine, tes Philippiques — mesures-tu le danger que tu cours à l'attaquer si frontalement ?

Je le mesure mieux que personne, Atticus, et c'est précisément pourquoi je dois parler. Depuis l'assassinat de César, Marc Antoine se conduit en maître, comme si la République lui appartenait. J'ai pris pour modèle Démosthène, qui jadis dressa Athènes contre Philippe de Macédoine ; j'ai nommé mes discours d'après les siens, mes Philippiques. Quatorze fois déjà j'ai dénoncé devant le Sénat l'ambition de cet homme. Oui, je sais qu'il a la force, les légions, les vétérans. Et moi je n'ai que ma voix et mon vieux corps. Mais si je me tais, qui restera pour rappeler à Rome qu'elle fut libre ? J'ai trop vécu pour craindre de mourir ; je crains seulement de mourir muet.

J'ai trop vécu pour craindre de mourir ; je crains seulement de mourir muet.

Marcus, tu n'es plus jeune. Pourquoi ne pas te taire et finir en paix dans cette villa, plutôt que d'offrir ta gorge à ce triumvir ?

Parce que la paix que tu me proposes serait celle d'un esclave, et je préfère encore le péril d'un homme libre. Vois où nous en sommes : trois hommes se partagent l'État comme un butin, et dressent des listes — ces proscriptions dont nous gardons le souvenir d'horreur depuis Sylla. Mon nom y figurera peut-être ; je ne me fais guère d'illusions. Mais songe à ceci : j'ai défendu Roscius contre Sylla, démasqué Catilina, tenu tête à Antoine. Reculer aujourd'hui démentirait toute ma vie. Si ma parole doit me coûter la tête et ces mains qui ont tant écrit pour la République, qu'il en soit ainsi. Un homme ne se survit pas dans le silence, Atticus — il se survit dans ce qu'il a osé dire quand il était dangereux de le dire.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Cicero's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.