Imaginary interview

Imaginary interview with Colette

by Charactorium · Colette (1873 — 1954) · Literature · 4 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Ce matin-là, deux élèves de cinquième en classe découverte poussent la porte d'un appartement du Palais-Royal, à Paris. Une vieille dame les attend, installée sur un grand divan près de la fenêtre. Elle leur sourit et les invite à poser toutes leurs questions.

C'était comment, votre enfance ? Vous habitiez à la campagne ?

Tu sais, mon enfant, je suis née à Saint-Sauveur-en-Puisaye, un petit village de Bourgogne. Imagine des rues de terre, des chevaux qui passent, et un grand jardin plein de fleurs et de fruits. Je passais mes journées dehors, à grimper aux arbres, à courir, à observer les bêtes. C'était un bonheur tout simple, au contact de la nature. Plus tard, j'ai raconté tous ces souvenirs dans un livre, La Maison de Claudine. Crois-moi, une enfance heureuse, c'est un trésor qu'on garde toute sa vie, bien au chaud.

Et votre maman, elle était comment ?

Ma mère s'appelait Sido, et je l'ai tant aimée que je lui ai consacré un livre entier, Sido, en 1930. Comment te la décrire ? Elle aimait tout, avec passion. J'ai écrit d'elle : « Sido, ma mère, ne pouvait voir une fleur sans la toucher, ni un enfant sans le caresser, ni un fruit sans le mordre. » Tu vois le genre ? Une femme libre, gourmande de la vie. C'est elle qui m'a appris à regarder une rose, à écouter un oiseau. Tout ce que je sais de la beauté, je le tiens d'elle.

C'est vrai que votre mari signait vos livres à votre place ?

Eh oui, c'est vrai, et ça m'a fait beaucoup de peine. Mon premier mari s'appelait Willy. Quand j'ai écrit Claudine à l'école, en 1900, c'est son nom à lui qu'on a imprimé sur la couverture ! Le livre a eu un succès immense, mais personne ne savait que c'était moi. À l'époque, on appelait ça un « nègre littéraire » : quelqu'un qui écrit dans l'ombre, pendant qu'un autre récolte toute la gloire. J'étais enfermée pour travailler, comme une petite ouvrière des mots. Ça t'apprend une chose importante, vois-tu.

Il faut se battre pour que ton travail porte ton nom.

Et après, comment vous avez fait pour récupérer votre nom ?

Il a fallu attendre notre séparation, en 1906, pour que je redevienne enfin moi-même. Tu imagines la situation ? Plus d'argent, plus mon nom sur mes livres, rien du tout. Alors j'ai tout repris à zéro, courageusement. En 1910, j'ai publié La Vagabonde, et cette fois, un seul nom brillait sur la couverture : le mien, Colette. Quel bonheur ! C'était comme renaître. Beaucoup de femmes artistes, à mon époque, écrivaient sans jamais être reconnues. Moi, j'ai eu la chance de récupérer mes mots. Et je ne les ai plus jamais lâchés.

Pourquoi vous dansiez dans un cabaret ? C'est bizarre pour une écrivaine !

Après ma séparation, il fallait bien gagner ma vie, mon enfant ! Une femme seule, sans argent... ce n'était pas facile à mon époque. Alors je suis montée sur les scènes de music-hall, ces salles où l'on donnait des spectacles de danse et de mime. J'y ai joué la pantomime : c'est du théâtre sans paroles, où l'on raconte toute une histoire avec le corps et les gestes. Au Moulin Rouge, je dansais, et les gens venaient me regarder. Certains étaient choqués qu'une dame fasse ça. Mais moi, je gagnais ma liberté, et ça valait bien quelques regards de travers.

Madame Jacques-Louis-Étienne Reizet (Colette-Désirée-Thérèse Godefroy, 1782–1850) title QS:P1476,en:"Madame Jacques-Louis-Étienne Reizet (Colette-Désirée-Thérèse Godefroy, 1782–1850) "label QS:Len,"M
Madame Jacques-Louis-Étienne Reizet (Colette-Désirée-Thérèse Godefroy, 1782–1850) title QS:P1476,en:"Madame Jacques-Louis-Étienne Reizet (Colette-Désirée-Thérèse Godefroy, 1782–1850) "label QS:Len,"MWikimedia Commons, Public domain — Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

C'est vrai qu'un soir il y a eu un énorme scandale à cause de vous ?

Ah, le fameux soir de 1907 ! Je jouais une pantomime qui s'appelait Rêve d'Égypte, au Moulin Rouge. Sur scène, j'ai échangé un baiser avec une amie, la marquise de Belbeuf. Eh bien, tu n'imagines pas le tumulte ! La salle a crié, et les journaux en ont parlé pendant des semaines. À mon époque, une femme qui surprenait, qui dérangeait, c'était un scandale énorme. Mais tu sais quoi ? Je n'ai jamais aimé qu'on me dise comment vivre. J'aimais mieux faire du bruit que de me cacher dans un coin.

Je préférais déranger plutôt que de me cacher.

Vous écriviez comment ? Sur quoi, à quelle heure ?

Avec plaisir, approche-toi ! J'avais une habitude bien à moi : j'écrivais toujours sur du papier bleu. Toujours ! C'était devenu ma petite marque de fabrique. Je travaillais souvent la nuit, à la lumière douce d'une lampe, dans le grand silence. Mon appartement donnait sur les jardins du Palais-Royal. Écrire, pour moi, ce n'était pas un loisir : c'était un métier exigeant. Je raturais, je recommençais, je cherchais le mot juste pendant des heures entières. Un livre, vois-tu, ce n'est pas de la magie. C'est du travail patient, ligne après ligne, jour après jour.

Portrait de Colette Gervex
Portrait de Colette GervexWikimedia Commons, Public domain — Henri Gervex

Vous aviez mal quelque part quand vous étiez vieille ?

Hélas oui, mon enfant. Dans mes dernières années, mon corps m'a trahie. L'arthrite — une maladie qui fait très mal aux articulations — me clouait sur mon divan. Je ne pouvais presque plus marcher ! Alors j'avais installé un grand divan-lit près de la fenêtre, et je l'appelais mon « radeau », comme un bateau au milieu de la pièce. De là, j'écrivais encore. J'ai même écrit à mon amie Marguerite : « J'écris encore, parce que c'est la seule chose que je sache faire un peu mieux chaque jour. » Même immobile, je refusais de m'arrêter.

Vous avez reçu des honneurs importants pendant votre vie ?

Figure-toi qu'en 1949, je suis devenue la toute première femme présidente de l'Académie Goncourt ! C'est une société d'écrivains très respectée, qui récompense chaque année les plus beaux livres. La première femme, tu te rends compte ? Moi, la petite fille de Bourgogne qu'on avait moquée parce qu'elle osait écrire. À mon époque, on disait « bas-bleu », avec mépris, pour rabaisser une femme qui tenait une plume. Eh bien, j'ai prouvé qu'une femme pouvait monter tout en haut. Et ça, vois-tu, ça ouvre grand la porte à toutes celles qui viendront après moi.

Et quand vous êtes morte, qu'est-ce qui s'est passé ?

Quand je suis morte, en 1954, il s'est passé une chose extraordinaire. L'Église a refusé de m'enterrer religieusement, parce que j'avais divorcé deux fois. Mais la République, elle, m'a offert des funérailles nationales — c'était la première fois pour une femme en France ! On a exposé mon cercueil dans la cour d'honneur du Palais-Royal, et des milliers de Parisiens sont venus me dire adieu. J'avais vécu toute ma vie en bousculant les règles. Pourtant, à la fin, c'est tout un pays qui s'est levé pour me saluer.

J'ai vécu en bousculant les règles, et un pays entier m'a saluée.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Colette's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.