La coupe de vin au miel et aux épices (la coupe de la colère)
Un vin réchauffé, adouci de miel et infusé de poivre, de cannelle et de safran, à la mode du conditum gréco-romain — la boisson cérémonielle du symposion, ici chargée du symbole apocalyptique de la coupe.
Un vin réchauffé, adouci de miel et infusé de poivre, de cannelle et de safran, à la mode du conditum gréco-romain — la boisson cérémonielle du symposion, ici chargée du symbole apocalyptique de la coupe.
Lève la coupe, à présent. Les Romains la nommaient conditum : du vin réchauffé, épaissi de miel, mordu de poivre et de safran, qu'ils sirotaient quand le repas s'achevait et que la parole se déliait. Douce à la première gorgée, ardente ensuite, elle monte à la tête comme un présage. Bois, mortel — mais sache que dans mes textes, la coupe que l'on tend aux nations n'est pas de miel. Que celle-ci, du moins, te soit douce.
- •Vin — une cruche (base)
- •Miel — généreux (douceur, signature)
- •Poivre — quelques grains (chaleur épicée)
- •Safran — quelques filaments (couleur et parfum)
- •Cannelle / nard — un éclat (épice aromatique)
- •Eau — pour couper (à la mode grecque)
La coupe de vin au miel et aux épices (la coupe de la colère)
Un vin réchauffé, adouci de miel et infusé de poivre, de cannelle et de safran, à la mode du conditum gréco-romain — la boisson cérémonielle du symposion, ici chargée du symbole apocalyptique de la coupe.
Pourquoi ce plat ? L'Apocalypse où surgit Abaddon multiplie l'image de la coupe : le vin de la colère de Dieu que l'on fait boire aux nations (Ap 14,10 ; 16,19). Ce vin chaud miellé et épicé, le 'conditum' romain bu sur les rives de l'Égée, devient ici la coupe que l'on lève en frémissant — douce et brûlante d'épices.
Lève la coupe, à présent. Les Romains la nommaient conditum : du vin réchauffé, épaissi de miel, mordu de poivre et de safran, qu'ils sirotaient quand le repas s'achevait et que la parole se déliait. Douce à la première gorgée, ardente ensuite, elle monte à la tête comme un présage. Bois, mortel — mais sache que dans mes textes, la coupe que l'on tend aux nations n'est pas de miel. Que celle-ci, du moins, te soit douce.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin — une cruche (base)
- Miel — généreux (douceur, signature)
- Poivre — quelques grains (chaleur épicée)
- Safran — quelques filaments (couleur et parfum)
- Cannelle / nard — un éclat (épice aromatique)
- Eau — pour couper (à la mode grecque)
Ingrédients
- Vin rouge ou blanc moelleux — 75 cl (base)
- Miel — 4 c. à soupe (douceur, signature)
- Poivre noir — 6 grains concassés (chaleur)
- Safran — quelques filaments (couleur et parfum)
- Bâton de cannelle — 1 (épice)
- Feuille de laurier — 1 (arôme)
- Eau — à doser pour adoucir (optionnel) (couper le vin)
Préparation
- Verser le vin dans une casserole avec le miel.
- Ajouter poivre concassé, safran, cannelle et laurier.
- Chauffer doucement sans bouillir, 10 min, pour infuser les épices.
- Goûter et ajuster le miel ; couper d'un peu d'eau chaude si on le veut plus léger, à la mode grecque.
- Filtrer et servir tiède dans des coupes.
Comment on faisait : Le 'conditum paradoxum' figure en tête du livre d'Apicius : vin, miel, poivre, safran, nard et autres épices, chauffés ensemble. Les Grecs coupaient toujours leur vin d'eau lors du symposion ; le boire pur passait pour barbare. Le vin était au cœur de la sociabilité comme de la liturgie juive et chrétienne naissante.
Le twist contemporain : Servir dans des coupes sombres, une mince spirale de zeste flottant comme un 'sceau' rompu — version sans alcool possible avec un jus de raisin épicé pour les plus jeunes.
Sources : Apicius, De re coquinaria I (conditum paradoxum) · Apocalypse de Jean 14,10 et 16,19 (la coupe de la colère)
Abaddon · Charactorium