Conditum paradoxum, le vin miellé aux épices
Un vin réchauffé puis adouci de miel et parfumé d'épices, filtré jusqu'à devenir limpide et brillant. Le vin d'apéritif des Romains, à boire frais ou tiède pour ouvrir l'appétit.
Un vin réchauffé puis adouci de miel et parfumé d'épices, filtré jusqu'à devenir limpide et brillant. Le vin d'apéritif des Romains, à boire frais ou tiède pour ouvrir l'appétit.
Avant qu'on entame le festin, je fais chauffer le miel avec un peu de vin, doucement, comme on chauffe la chaux avant de la lier — il faut écumer, toujours écumer. J'y jette le poivre concassé, une touche de safran, quelques feuilles de laurier, puis je verse le reste du vin. On filtre jusqu'à ce que la coupe soit claire comme du verre de Sidon. À Damas, ma ville, ces épices venaient du bout du monde sur le dos des chameaux ; ici, je les retrouve dans ma coupe romaine, et le voyage tient tout entier dans une gorgée.
- •Vin (rouge ou blanc) — une mesure (base)
- •Miel — une bonne part (douceur)
- •Poivre — quelques grains concassés (épice chaude)
- •Safran — quelques pistils (parfum et couleur)
- •Feuille de laurier, mastic — un peu (arômes)
- •Dattes — quelques-unes (rondeur sucrée)
Conditum paradoxum, le vin miellé aux épices
Un vin réchauffé puis adouci de miel et parfumé d'épices, filtré jusqu'à devenir limpide et brillant. Le vin d'apéritif des Romains, à boire frais ou tiède pour ouvrir l'appétit.
Pourquoi ce plat ? Aux banquets de Rome qu'Apollodore fréquentait, on ouvrait souvent le repas par un vin miellé et épicé. Pour ce Syrien venu d'Orient, ces épices — poivre, safran — étaient celles des routes caravanières de sa Damas natale, croisées jusqu'à Rome.
Avant qu'on entame le festin, je fais chauffer le miel avec un peu de vin, doucement, comme on chauffe la chaux avant de la lier — il faut écumer, toujours écumer. J'y jette le poivre concassé, une touche de safran, quelques feuilles de laurier, puis je verse le reste du vin. On filtre jusqu'à ce que la coupe soit claire comme du verre de Sidon. À Damas, ma ville, ces épices venaient du bout du monde sur le dos des chameaux ; ici, je les retrouve dans ma coupe romaine, et le voyage tient tout entier dans une gorgée.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin (rouge ou blanc) — une mesure (base)
- Miel — une bonne part (douceur)
- Poivre — quelques grains concassés (épice chaude)
- Safran — quelques pistils (parfum et couleur)
- Feuille de laurier, mastic — un peu (arômes)
- Dattes — quelques-unes (rondeur sucrée)
Ingrédients
- Vin rouge ou blanc correct — 75 cl (base)
- Miel — 150 g (douceur)
- Poivre noir concassé — 1/2 c. à café (épice chaude)
- Safran — 1 pincée de pistils (parfum et couleur)
- Feuilles de laurier — 2 (arôme)
- Dattes dénoyautées — 3 (rondeur sucrée)
Préparation
- Dans une casserole, faites chauffer le miel à feu doux avec un verre de vin, sans bouillir, en écumant la mousse qui se forme.
- Ajoutez le poivre concassé, le safran, le laurier et les dattes ; laissez infuser 5 minutes à frémissement léger.
- Versez le reste du vin et réchauffez sans faire bouillir.
- Filtrez à travers un linge fin ou une passoire tapissée d'étamine jusqu'à obtenir un liquide limpide.
- Servez tiède dans des coupes, ou laissez refroidir : le conditum se garde quelques jours et se boit aussi frais, allongé d'eau.
Comment on faisait : La recette du « conditum paradoxum » ouvre le livre d'Apicius. Le miel chauffé et écumé, puis marié au poivre, au safran et aux dattes, donnait un vin aromatique que l'on conservait et que l'on coupait d'eau à la romaine. C'est l'ancêtre direct de l'hypocras médiéval.
Le twist contemporain : Servi glacé sur quelques glaçons avec un zeste, il fait un vermouth maison antique très estival.
Sources : Apicius, De re coquinaria, Livre I (« Conditum paradoxum »)
Apollodore de Damas · Charactorium

