Tragemata de figues, miel et noix
Des figues séchées farcies de noix, roulées dans le miel et le sésame, servies en fin de banquet pour aiguiser la soif de vin et la soif de paroles. Le sucre des dieux, sans une once de canne ni de cacao — inconnus du monde grec.
Des figues séchées farcies de noix, roulées dans le miel et le sésame, servies en fin de banquet pour aiguiser la soif de vin et la soif de paroles. Le sucre des dieux, sans une once de canne ni de cacao — inconnus du monde grec.
Quand les tables sont ôtées et qu'on a versé la libation, voici ce que je fais passer à la ronde : des figues de l'été, ouvertes, emplies de noix, baignées du miel de l'Hymette. Goûte-les en buvant le vin coupé — non point pour t'enivrer, car l'ivresse trouble le Noûs, mais pour délier la langue et l'esprit. Le miel est la chose la plus proche du feu céleste qu'un homme puisse manger : il garde en lui la chaleur du Soleil que j'ai dit n'être qu'une pierre embrasée.
- •Figues sèches — une coupe (base)
- •Cerneaux de noix — une poignée (farce)
- •Miel de thym ou de bruyère — à napper (liant sucré)
- •Graines de sésame — une pincée (enrobage)
- •Vin doux (pour humecter) — un trait (assouplissant)
Tragemata de figues, miel et noix
Des figues séchées farcies de noix, roulées dans le miel et le sésame, servies en fin de banquet pour aiguiser la soif de vin et la soif de paroles. Le sucre des dieux, sans une once de canne ni de cacao — inconnus du monde grec.
Pourquoi ce plat ? Ami de Périclès, Anaxagore fréquentait les cercles éclairés d'Athènes où, le repas fini, on tenait symposion : on coupait le vin d'eau et l'on faisait circuler la parole et les tragemata. Ces douceurs de figues et de miel accompagnaient les conversations sur l'ordre du monde et l'Intelligence ordonnatrice.
Quand les tables sont ôtées et qu'on a versé la libation, voici ce que je fais passer à la ronde : des figues de l'été, ouvertes, emplies de noix, baignées du miel de l'Hymette. Goûte-les en buvant le vin coupé — non point pour t'enivrer, car l'ivresse trouble le Noûs, mais pour délier la langue et l'esprit. Le miel est la chose la plus proche du feu céleste qu'un homme puisse manger : il garde en lui la chaleur du Soleil que j'ai dit n'être qu'une pierre embrasée.
Ingrédients (version d’époque)
- Figues sèches — une coupe (base)
- Cerneaux de noix — une poignée (farce)
- Miel de thym ou de bruyère — à napper (liant sucré)
- Graines de sésame — une pincée (enrobage)
- Vin doux (pour humecter) — un trait (assouplissant)
Ingrédients
- Figues séchées moelleuses — 12 pièces (base)
- Cerneaux de noix — 60 g (farce)
- Miel parfumé (thym) — 4 c. à soupe (liant sucré)
- Graines de sésame — 2 c. à soupe (enrobage)
- Vin doux ou eau — 2 c. à soupe (assouplissant)
Préparation
- Si les figues sont trop sèches, fais-les gonfler 10 minutes dans un peu de vin doux tiède (ou d'eau), puis égoutte.
- Fais dorer le sésame et les noix quelques minutes à sec dans une poêle.
- Incise chaque figue et glisse à l'intérieur un cerneau de noix, referme.
- Fais tiédir le miel pour qu'il devienne fluide, puis roule chaque figue dedans.
- Passe-les aussitôt dans le sésame grillé pour les enrober.
- Laisse prendre 15 minutes et sers à température ambiante, en petites bouchées.
Comment on faisait : Les tragemata (« choses à grignoter ») clôturaient le repas et ouvraient le symposion. Faute de sucre — la canne ne viendra en Méditerranée que bien plus tard — toute la douceur grecque reposait sur le miel et les fruits séchés. La figue d'Attique était si réputée que l'exporter clandestinement aurait, dit la tradition, donné son nom au « sycophante ».
Le twist contemporain : Dresse-les en couronne sur un plat rond, une feuille de laurier au centre, façon « couronne du sympotes » — clin d'œil aux guirlandes dont on ceignait les buveurs.
Anaxagore de Clazomènes · Charactorium