La carte de Antonin le Pieux
Mensa prima (plat de fond quotidien)

Puls, la bouillie d'épeautre des Romains

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile35 min

Une bouillie crémeuse de farine ou de grains d'épeautre cuits longuement, relevée d'une goutte de garum et arrosée d'huile d'olive. Nourrissante, économique, c'est le plat de chaque jour, qu'on agrémente selon ce qu'on a sous la main : fromage, herbes, parfois un peu de lard.

Mensa prima (plat de fond quotidien)

Une bouillie crémeuse de farine ou de grains d'épeautre cuits longuement, relevée d'une goutte de garum et arrosée d'huile d'olive. Nourrissante, économique, c'est le plat de chaque jour, qu'on agrémente selon ce qu'on a sous la main : fromage, herbes, parfois un peu de lard.

Que l'on ne s'étonne point de me voir aimer ce plat humble : ma table, je l'ai voulue mesurée, comme il sied à qui gouverne sans faste. Voici comment on l'apprête à Lorium, dans ma villa : on fait gonfler la farine d'épeautre dans l'eau, sur un feu doux, en tournant sans relâche pour qu'aucune grumeau ne se forme. On verse alors un filet de garum et l'huile de nos oliviers du Latium. Un homme rassasié de puls n'envie point les paons rôtis des gloutons — souviens-t'en.
Antonin le Pieux
Ingrédients
  • Farine ou semoule d'épeautre (far)une bonne poignée par convive (base de la bouillie)
  • Eau de sourcele triple du volume de farine (cuisson)
  • Garumquelques gouttes (assaisonnement umami)
  • Huile d'oliveun filet (liant et goût)
  • Fromage frais émiettéselon le goût (garniture facultative)
Comment on faisait : Le puls était l'aliment de base de Rome bien avant la généralisation du pain levé. Caton l'Ancien et les agronomes décrivent l'épeautre (far) comme la céréale romaine par excellence. On le cuisait dans un chaudron de terre ou de bronze ; les pauvres le mangeaient nature, les plus aisés y ajoutaient œufs, fromage, miel ou garum.
Sources : Caton l'Ancien, De agricultura · Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre XVIII · Apicius, De re coquinaria

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