La carte de Bibha Chowdhuri
Shukto — le sauté amer d'ouverture
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Premier service du bangali bhat (l'amer qui ouvre le repas)

Shukto — le sauté amer d'ouverture

QuotidienDocumentée☕moyen45 min
Premier service du bangali bhat (l'amer qui ouvre le repas)

Shukto — le sauté amer d'ouverture

Pourquoi ce plat ? Dans toute famille bengalie, le repas s'ouvre par l'amer du shukto, censé ouvrir l'appétit et nettoyer le palais. Bibha Chowdhuri, élevée à Calcutta dans un milieu bengali cultivé, a connu ce premier service rituel chaque jour avant le riz et le poisson.

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Premier service du bangali bhat (l'amer qui ouvre le repas)

Un mélange de légumes — dont l'incontournable courge amère (korola) — mijoté doucement dans une sauce blanche au lait, à peine épaissie de pâte de moutarde et de pavot, parfumée au gingembre et au radhuni. L'amertume y est domptée mais jamais effacée : c'est le service qui réveille la bouche.

Voyez-vous, chez nous le repas ne saurait commencer autrement que par l'amer. Ma mère disait qu'il faut d'abord réveiller la langue avant de la combler. On choisit la korola la plus verte, on la fait revenir dans l'huile de moutarde jusqu'à ce que l'âcreté s'en aille, puis on couvre de lait et l'on attend, sans se presser — la patience, là comme au laboratoire, fait tout. Une cuillerée, et le riz qui suit n'en est que plus tendre.
— Bibha Chowdhuri
Ingrédients
  • •Courge amère (korola/uchche) — quelques-unes, en rondelles (amertume centrale)
  • •Aubergine, banane plantain verte, radis blanc — à parts égales (légumes du sauté)
  • •Huile de moutarde — un filet généreux (matière grasse signature)
  • •Pâte de graines de moutarde et de pavot — une cuillerée (liant et parfum)
  • •Gingembre frais — un morceau râpé (aromate)
  • •Radhuni ou graines de céleri, panch phoron — une pincée (épices entières)
  • •Lait — un bol (sauce douce)
  • •Ghee — une noix (finition)
Comment on faisait : Le shukto était préparé sans tomate ni piment fort : son amertume venait des légumes eux-mêmes et son liant des graines de moutarde et de pavot broyées sur le sil-nora (mortier de pierre). Le lait remplaçait toute crème, et le ghee maison signait la fin de cuisson.
Sources : Chitrita Banerji, 'Life and Food in Bengal' (1991) · Bunny Gupta & Jaya Chaliha, cuisine bengalie traditionnelle

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