La carte de A. Philip Randolph
Verdures mijotées au jambonneau fumé et pain de maïs
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Plat-socle de l'assiette soul food (le légume-pilier et son pain)

Verdures mijotées au jambonneau fumé et pain de maïs

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Plat-socle de l'assiette soul food (le légume-pilier et son pain)

Verdures mijotées au jambonneau fumé et pain de maïs

Pourquoi ce plat ? Né à Crescent City en Floride, Randolph a grandi dans une famille modeste et profondément pieuse du Sud noir, où les verdures mijotées et le pain de maïs formaient l'ordinaire. Devenu à Harlem un homme au régime sobre et tempérant, il restait fidèle à ces 'repas simples et nutritifs des restaurants modestes' plutôt qu'aux tables luxueuses : ce plat est exactement celui-là.

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Plat-socle de l'assiette soul food (le légume-pilier et son pain)

De grandes feuilles de chou cavalier (collard) fondues des heures durant avec un morceau de porc fumé, jusqu'à donner ce fameux 'pot likker'. On le mange avec une part de pain de maïs doré, idéal pour saucer le jus.

Permettez-moi de vous présenter le plat de mon enfance floridienne, celui que ma mère faisait chanter sur le fourneau du matin au soir. On choisit les feuilles les plus robustes, on les lave trois fois car la terre du Sud s'y accroche, puis on les abandonne à un feu patient avec un os fumé — la patience, voyez-vous, est ici une vertu autant qu'une méthode. Ne jetez jamais le jus : ce 'pot likker' est le trésor de la marmite, et l'on y trempe son pain de maïs comme on recueille un héritage. C'était la table des humbles, et je n'ai jamais cru qu'une table plus riche fût une table plus digne.
A. Philip Randolph
Ingrédients
  • Chou cavalier (collard greens) ou feuilles de navetune grande brassée (légume-pilier)
  • Jarret ou couenne de porc fuméun morceau (fumé et gras)
  • Oignonun (fond aromatique)
  • Vinaigre de cidreun trait (relève l'amertume)
  • Farine de maïs, saindoux, babeurreà l'estime (pour le pain de maïs)
Comment on faisait : Dans le Sud noir, ce plat descend directement de la cuisine des plantations, où l'on cuisinait les morceaux délaissés et les fanes de légumes du potager. Le mijotage durait toute la matinée sur le poêle à bois ; le pot likker, riche et nourrissant, était bu séparément pour ne rien perdre.
Sources : Adrian Miller, Soul Food: The Surprising Story of an American Cuisine (2013) · Jessica B. Harris, High on the Hog: A Culinary Journey from Africa to America (2011)

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