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Le café noir de Catherine, à fendre l'âme
Pourquoi ce plat ? La passion de Catherine pour un café d'une force prodigieuse est restée légendaire à la cour : on raconte qu'un secrétaire ayant goûté sa préparation faillit en perdre connaissance. Levée avant l'aube pour travailler à ses lois et à sa correspondance avec Voltaire et Diderot, elle s'y soutenait d'un café presque épais.
Un café d'une concentration extrême, préparé à la mode du XVIIIe siècle : la poudre fine bouillie dans l'eau, laissée à déposer, servie noire et brûlante. Une seule tasse réveille un empire.
On me reproche mon café comme on reproche tout aux femmes qui gouvernent : avec un mélange d'effroi et d'envie. J'en fais mettre une livre pour cinq tasses, et l'on m'assure que cela ferait galoper un cheval mort. Avant que le palais s'éveille, j'ai déjà lu mes dépêches et griffonné trois pages à mon cher Voltaire — comment voulez-vous tenir une plume d'une main ferme avec de l'eau tiède dans la tasse ? Buvez-en peu, mais buvez-le noir : le reste n'est que tisane de couvent.
- •Café moulu très fin — une mesure généreuse (base, en très forte dose)
- •Eau de source — peu, pour peu de tasses (extraction)
Le café noir de Catherine, à fendre l'âme
Un café d'une concentration extrême, préparé à la mode du XVIIIe siècle : la poudre fine bouillie dans l'eau, laissée à déposer, servie noire et brûlante. Une seule tasse réveille un empire.
Pourquoi ce plat ? La passion de Catherine pour un café d'une force prodigieuse est restée légendaire à la cour : on raconte qu'un secrétaire ayant goûté sa préparation faillit en perdre connaissance. Levée avant l'aube pour travailler à ses lois et à sa correspondance avec Voltaire et Diderot, elle s'y soutenait d'un café presque épais.
On me reproche mon café comme on reproche tout aux femmes qui gouvernent : avec un mélange d'effroi et d'envie. J'en fais mettre une livre pour cinq tasses, et l'on m'assure que cela ferait galoper un cheval mort. Avant que le palais s'éveille, j'ai déjà lu mes dépêches et griffonné trois pages à mon cher Voltaire — comment voulez-vous tenir une plume d'une main ferme avec de l'eau tiède dans la tasse ? Buvez-en peu, mais buvez-le noir : le reste n'est que tisane de couvent.
Ingrédients (version d’époque)
- Café moulu très fin — une mesure généreuse (base, en très forte dose)
- Eau de source — peu, pour peu de tasses (extraction)
Ingrédients
- Café moulu fin (torréfaction foncée) — 3 c. à s. bien pleines (base concentrée)
- Eau — 250 ml (extraction)
- Sucre ou miel (facultatif) — selon le goût (adoucir l'amertume)
Préparation
- Verser l'eau dans une petite casserole et porter à frémissement.
- Hors du feu, jeter le café moulu, remuer, remettre 30 secondes sur feu doux sans laisser déborder.
- Retirer, couvrir et laisser reposer 3-4 minutes pour que la poudre dépose au fond.
- Verser doucement dans une tasse en laissant le marc au fond. Servir brûlant, noir.
- Pour qui n'a pas l'estomac d'une impératrice : diviser la dose de café par deux et sucrer d'un peu de miel.
Comment on faisait : Au XVIIIe siècle, on préparait le café « à la turque », par décoction : la poudre fine bouillie puis décantée, sans filtre. La force du café était un marqueur de raffinement et d'énergie, très en vogue dans les cours européennes.
Le twist contemporain : Servez-le dans une petite tasse de porcelaine sur une soucoupe dorée, avec un carré de pain d'épices au miel à tremper — la version « cabinet de travail » du café gourmand.
Sources : Anecdotes rapportées par les mémorialistes de la cour de Catherine II
Catherine II de Russie · Charactorium





