Kaffee de l'Académie (café à la mode du XVIIIe siècle)
Un café préparé à l'ancienne, mouture grossière bouillie dans l'eau puis laissée déposer, servi noir et corsé — la boisson qui tenait les savants éveillés sur leurs équations.
Un café préparé à l'ancienne, mouture grossière bouillie dans l'eau puis laissée déposer, servi noir et corsé — la boisson qui tenait les savants éveillés sur leurs équations.
On me dit prolifique ; je vous confie un de mes secrets, qui n'a rien de mathématique. Lorsque la nuit avançait et que les chiffres se brouillaient — surtout après que mon œil droit m'eut quitté — une bonne tasse de café noir me rendait à mon ouvrage. On faisait bouillir la mouture dans l'eau, tout simplement, puis on patientait que la lie se dépose au fond du pot avant de verser doucement. Amer, oui, mais d'une amertume franche qui réveille l'esprit mieux qu'aucun sermon. Buvez-le brûlant, et que la Providence guide votre plume.
- •Café en grains, fraîchement torréfié — une bonne cuillerée par tasse (base de la boisson)
- •Eau de source — selon le nombre de tasses (infusion)
- •Sucre de canne ou miel — à discrétion (adoucir l'amertume (facultatif))
Kaffee de l'Académie (café à la mode du XVIIIe siècle)
Un café préparé à l'ancienne, mouture grossière bouillie dans l'eau puis laissée déposer, servi noir et corsé — la boisson qui tenait les savants éveillés sur leurs équations.
Pourquoi ce plat ? Le café est, au XVIIIe siècle, le carburant des académies et des correspondances savantes. Euler, prodigieusement productif (plus de 800 mémoires) et grand épistolier entre Bâle, Berlin et Saint-Pétersbourg, appartient pleinement à ce monde des cabinets de travail où la tasse fumante accompagne le calcul.
On me dit prolifique ; je vous confie un de mes secrets, qui n'a rien de mathématique. Lorsque la nuit avançait et que les chiffres se brouillaient — surtout après que mon œil droit m'eut quitté — une bonne tasse de café noir me rendait à mon ouvrage. On faisait bouillir la mouture dans l'eau, tout simplement, puis on patientait que la lie se dépose au fond du pot avant de verser doucement. Amer, oui, mais d'une amertume franche qui réveille l'esprit mieux qu'aucun sermon. Buvez-le brûlant, et que la Providence guide votre plume.
Ingrédients (version d’époque)
- Café en grains, fraîchement torréfié — une bonne cuillerée par tasse (base de la boisson)
- Eau de source — selon le nombre de tasses (infusion)
- Sucre de canne ou miel — à discrétion (adoucir l'amertume (facultatif))
Ingrédients
- Café moulu grossièrement — 1 c. à soupe par tasse (~10 g) (base)
- Eau — 150 ml par tasse (infusion)
- Sucre — au goût (facultatif)
Préparation
- Porter l'eau presque à ébullition dans une casserole ou un pot.
- Jeter le café moulu dans l'eau frémissante et laisser frémir 3 à 4 minutes en remuant une fois.
- Retirer du feu et laisser reposer 2 minutes : le marc descend au fond.
- Verser lentement dans les tasses en retenant le marc, ou filtrer.
- Sucrer éventuellement et servir très chaud.
Comment on faisait : Avant le filtre en papier (XXe siècle), on buvait le café bouilli "à la turque" ou décanté. Les Kaffeehäuser et salons d'Europe du Nord étaient des lieux d'échange intellectuel central à l'âge des Lumières.
Le twist contemporain : Un soupçon de cardamome dans le marc, hommage aux routes commerciales du café au siècle d'Euler.
Leonhard Euler · Charactorium