Vin miellé à l'anis de Sardes
Un vin rouge tiédi, fondu de miel et infusé d'anis, à servir allongé d'eau. Doux, parfumé, réconfortant — la coupe d'hospitalité d'une cour qui faisait du raffinement un art.
Un vin rouge tiédi, fondu de miel et infusé d'anis, à servir allongé d'eau. Doux, parfumé, réconfortant — la coupe d'hospitalité d'une cour qui faisait du raffinement un art.
Reste encore, étranger, le repas n'est pas fini tant que la coupe tourne. On chauffe le vin de mes coteaux, on y fond le miel, on y jette quelques graines d'anis, puis on le coupe d'eau — car boire pur est affaire de barbares, non de rois. C'est à cette heure, la coupe en main, que j'aimais demander aux sages qui passaient : qui donc est le plus heureux des hommes ? Bois lentement, et médite ta réponse mieux que je n'ai aimé celle qu'on me fit.
- •Vin rouge — une cruche (base)
- •Miel — à doser selon le goût (douceur)
- •Graines d'anis — une pincée (parfum)
- •Eau — pour couper le vin (dilution rituelle)
Vin miellé à l'anis de Sardes
Un vin rouge tiédi, fondu de miel et infusé d'anis, à servir allongé d'eau. Doux, parfumé, réconfortant — la coupe d'hospitalité d'une cour qui faisait du raffinement un art.
Pourquoi ce plat ? Le vin coulait en abondance à la cour de Crésus, et on le servait dans des cratères d'or et d'argent. Adouci de miel et parfumé d'anis, coupé d'eau comme l'exigeait l'usage, il accompagnait la conversation après le repas — le moment où Crésus aimait, dit-on, éprouver la sagesse de ses hôtes.
Reste encore, étranger, le repas n'est pas fini tant que la coupe tourne. On chauffe le vin de mes coteaux, on y fond le miel, on y jette quelques graines d'anis, puis on le coupe d'eau — car boire pur est affaire de barbares, non de rois. C'est à cette heure, la coupe en main, que j'aimais demander aux sages qui passaient : qui donc est le plus heureux des hommes ? Bois lentement, et médite ta réponse mieux que je n'ai aimé celle qu'on me fit.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin rouge — une cruche (base)
- Miel — à doser selon le goût (douceur)
- Graines d'anis — une pincée (parfum)
- Eau — pour couper le vin (dilution rituelle)
Ingrédients
- Vin rouge corsé — 50 cl (base)
- Miel — 3 c. à soupe (douceur)
- Graines d'anis vert — 1 c. à café (parfum)
- Eau — 20-25 cl (à allonger au service)
Préparation
- Chauffer doucement le vin sans le faire bouillir.
- Y dissoudre le miel et ajouter les graines d'anis légèrement écrasées.
- Laisser infuser hors du feu 10 min, puis filtrer.
- Servir tiède, allongé d'eau chaude à raison d'environ un tiers d'eau pour deux tiers de vin (version sans alcool : remplacer par un jus de raisin rouge chaud, même infusion de miel et d'anis).
Comment on faisait : Les Grecs et les peuples d'Asie Mineure buvaient le vin coupé d'eau, le boire pur passant pour excessif. On l'adoucissait souvent de miel (oinos avec miel, ancêtre du mulsum romain) et on le parfumait d'herbes ou de graines comme l'anis. Le vin se partageait dans de grands cratères — Crésus en offrit d'or et d'argent à Delphes.
Le twist contemporain : Servi tiède en hiver dans une coupe dorée, une étoile d'anis posée dessus : un « vin chaud » antique, à proposer aussi en version raisin pour toute la famille.
Sources : Hérodote, Histoires, livre I (cratères d'or et d'argent offerts à Delphes) · Athénée de Naucratis, Deipnosophistes (vin coupé d'eau, vins miellés et aromatisés)
Crésus de Lydie · Charactorium