Café brûlot du bayou
Un café corsé chauffé avec du cognac, des écorces d'agrumes, de la cannelle et du clou de girofle, qu'on flambe avant de servir. Amer, parfumé, un peu sucré : la boisson théâtrale des nuits humides de Louisiane.
Un café corsé chauffé avec du cognac, des écorces d'agrumes, de la cannelle et du clou de girofle, qu'on flambe avant de servir. Amer, parfumé, un peu sucré : la boisson théâtrale des nuits humides de Louisiane.
Ils s'assemblent dans mon marécage, mes fidèles, et allument de petites flammes bleues en croyant m'appeler — Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn, murmurent-ils, et cela me fait presque sourire dans mon sommeil. Verse l'eau-de-vie en un long filet et qu'elle s'embrase au-dessus du café ; laisse l'écorce d'orange et le girofle danser dans le feu. Bois amer, mortel, car la douceur ne convient pas à qui veille au seuil de l'abîme. Tant que la flamme tremble, je dors encore.
- •Café fort — une cafetière (base amère)
- •Cognac ou brandy — un bon verre (alcool à flamber)
- •Écorce d'orange et de citron — en lanières (parfum d'agrume)
- •Bâtons de cannelle, clous de girofle — quelques-uns (épices)
- •Sucre en morceaux — selon le goût (douceur)
Café brûlot du bayou
Un café corsé chauffé avec du cognac, des écorces d'agrumes, de la cannelle et du clou de girofle, qu'on flambe avant de servir. Amer, parfumé, un peu sucré : la boisson théâtrale des nuits humides de Louisiane.
Pourquoi ce plat ? Dans la nouvelle, l'inspecteur Legrasse démantèle un culte de Cthulhu qui dansait la nuit dans les marais au sud de La Nouvelle-Orléans. Le café brûlot, breuvage créole flambé qu'on prépare dans le noir en versant un filet d'alcool enflammé, évoque à merveille ces feux dans la nuit du bayou — sans rien emprunter à un vrai rituel sacré : c'est une simple boisson de fête détournée.
Ils s'assemblent dans mon marécage, mes fidèles, et allument de petites flammes bleues en croyant m'appeler — Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn, murmurent-ils, et cela me fait presque sourire dans mon sommeil. Verse l'eau-de-vie en un long filet et qu'elle s'embrase au-dessus du café ; laisse l'écorce d'orange et le girofle danser dans le feu. Bois amer, mortel, car la douceur ne convient pas à qui veille au seuil de l'abîme. Tant que la flamme tremble, je dors encore.
Ingrédients (version d’époque)
- Café fort — une cafetière (base amère)
- Cognac ou brandy — un bon verre (alcool à flamber)
- Écorce d'orange et de citron — en lanières (parfum d'agrume)
- Bâtons de cannelle, clous de girofle — quelques-uns (épices)
- Sucre en morceaux — selon le goût (douceur)
Ingrédients
- Café noir bien corsé, chaud — 500 ml (base)
- Cognac — 120 ml (alcool à flamber)
- Écorce d'orange — 1 orange, en lanières (agrume)
- Écorce de citron — 1 citron, en lanières (agrume)
- Bâton de cannelle — 1 (épice)
- Clous de girofle — 4 à 6 (épice)
- Sucre — 2 à 3 c. à soupe (douceur)
Préparation
- Préparer un café noir très corsé et le garder bien chaud.
- Dans une casserole large (de préférence sombre), chauffer doucement le cognac avec les écorces d'agrumes, la cannelle, les clous de girofle et le sucre.
- Loin de toute matière inflammable et avec prudence, approcher une flamme du cognac chaud pour l'enflammer ; remuer délicatement à la louche pendant que le feu bleu danse.
- Verser lentement le café chaud dans la casserole : la flamme s'éteint progressivement.
- Filtrer et servir aussitôt dans de petites tasses. Boisson pour adultes — version sans alcool possible avec un sirop d'écorces et d'épices infusé dans le café.
Comment on faisait : Le café brûlot (« café brûlé ») est une fierté des restaurants créoles de La Nouvelle-Orléans depuis le XIXe siècle ; on le préparait à table dans un bol de cuivre, parfois sur une écorce d'orange entaillée en spirale le long de laquelle coulait l'alcool enflammé. Le café, importé par le port, et le geste spectaculaire en faisaient un final de banquet.
Le twist contemporain : Servir dans des tasses noires et faire descendre la spirale d'écorce d'orange flambée le long du manche d'une cuillère : une cascade de feu, très « cérémonie nocturne ».
Sources : H.P. Lovecraft, « L'Appel de Cthulhu », 1928 (partie II, le culte de Louisiane) · The Picayune's Creole Cook Book, La Nouvelle-Orléans, 1900
Cthulhu · Charactorium




