Maza, la galette d'orge
Une galette plate d'orge grillé pétrie à l'eau et à l'huile d'olive, dense et rustique, au goût légèrement torréfié. On la rompt à la main pour saucer ou pour accompagner fromage et olives.
Une galette plate d'orge grillé pétrie à l'eau et à l'huile d'olive, dense et rustique, au goût légèrement torréfié. On la rompt à la main pour saucer ou pour accompagner fromage et olives.
Écoute, toi qui veux savoir : avant de monter vers le Beau, il faut d'abord manger l'orge de la terre. Chez nous, en Arcadie, on grillait le grain sur la pierre chaude avant de le moudre, et l'odeur en montait comme un encens pauvre. Je pétrissais cette maza de mes mains, un filet d'huile, une pincée de sel marin, et elle tenait au creux de la paume comme une chose vraie. Ne méprise jamais cette galette : c'est le premier degré de l'échelle, le corps qu'il faut nourrir pour que l'âme, ensuite, ait la force de s'élever.
- •Farine d'orge grillé — deux poignées généreuses (base céréalière)
- •Eau de source tiède — à pétrir (liant)
- •Huile d'olive — un trait (moelleux et goût)
- •Sel marin — une pincée (assaisonnement)
Maza, la galette d'orge
Une galette plate d'orge grillé pétrie à l'eau et à l'huile d'olive, dense et rustique, au goût légèrement torréfié. On la rompt à la main pour saucer ou pour accompagner fromage et olives.
Pourquoi ce plat ? La maza est le pain du pauvre comme du sage : moins prestigieuse que le pain de blé, c'est elle qui nourrit l'Arcadie de Diotime, pays de bergers et de champs d'orge. Le philosophe se contente de peu, et cette galette est le socle humble sur lequel se pose tout le reste de la table.
Écoute, toi qui veux savoir : avant de monter vers le Beau, il faut d'abord manger l'orge de la terre. Chez nous, en Arcadie, on grillait le grain sur la pierre chaude avant de le moudre, et l'odeur en montait comme un encens pauvre. Je pétrissais cette maza de mes mains, un filet d'huile, une pincée de sel marin, et elle tenait au creux de la paume comme une chose vraie. Ne méprise jamais cette galette : c'est le premier degré de l'échelle, le corps qu'il faut nourrir pour que l'âme, ensuite, ait la force de s'élever.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine d'orge grillé — deux poignées généreuses (base céréalière)
- Eau de source tiède — à pétrir (liant)
- Huile d'olive — un trait (moelleux et goût)
- Sel marin — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Farine d'orge — 200 g (base céréalière)
- Eau tiède — 120 à 140 ml (liant)
- Huile d'olive vierge extra — 2 c. à soupe (moelleux et goût)
- Sel fin — 1/2 c. à café (assaisonnement)
Préparation
- Pour un goût d'époque, faites torréfier la farine d'orge 3 à 4 min à la poêle sèche, à feu doux, jusqu'à ce qu'elle embaume (elle fonce à peine).
- Mélangez farine et sel, ajoutez l'huile puis l'eau peu à peu en pétrissant jusqu'à une pâte souple et non collante.
- Façonnez 4 galettes de 1 cm d'épaisseur.
- Cuisez-les 4 à 5 min par face dans une poêle chaude à peine huilée (ou sur une pierre), jusqu'à ce qu'elles soient dorées et marquées.
- Servez tièdes, à rompre à la main, avec fromage frais, olives ou huile d'olive.
Comment on faisait : L'orge poussait mieux que le blé sur les sols pauvres de la Grèce : la maza était donc le pain du quotidien, là où le pain de froment levé restait plus rare et valorisé. On grillait souvent le grain avant de le moudre, ce qui facilitait la conservation et donnait ce goût torréfié. Certaines mazai n'étaient même pas cuites, simplement pétries et mangées crues par les paysans et les soldats.
Le twist contemporain : Servez-la en mini-galettes à l'apéritif, surmontées d'un fromage frais de chèvre, d'un filet de miel et d'une feuille de menthe : la triade grecque en une bouchée.
Sources : Platon, Le Banquet · Andrew Dalby, Siren Feasts: A History of Food and Gastronomy in Greece · Athénée de Naucratis, Les Deipnosophistes
Diotima · Charactorium