Poisson du Nil séché au sel et à la coriandre
Des filets de poisson du Nil salés puis séchés au soleil, frottés de coriandre et de cumin. Salé, intensément umami, légèrement fermenté — on les dessale et on les réhydrate avant de les manger avec du pain et de l'oignon.
Des filets de poisson du Nil salés puis séchés au soleil, frottés de coriandre et de cumin. Salé, intensément umami, légèrement fermenté — on les dessale et on les réhydrate avant de les manger avec du pain et de l'oignon.
Le Nil donne, mais le sage met de côté pour les jours maigres. Sur les rives, mes pêcheurs ouvrent le poisson, le frottent de sel jusqu'au cœur et l'offrent au soleil de Ra qui le sèche et le garde. Ainsi nos barques remontent jusqu'à Sehel sans jamais manquer. Faites-le tremper avant de le manger, brisez-en un morceau sur le pain et l'oignon : c'est la nourriture des hommes du fleuve, et elle vaut bien celle des palais.
- •Poisson du Nil (tilapia, mulet) — plusieurs (base à conserver)
- •Sel — en abondance (agent de conservation)
- •Coriandre et cumin — une pincée (parfum et protection)
Poisson du Nil séché au sel et à la coriandre
Des filets de poisson du Nil salés puis séchés au soleil, frottés de coriandre et de cumin. Salé, intensément umami, légèrement fermenté — on les dessale et on les réhydrate avant de les manger avec du pain et de l'oignon.
Pourquoi ce plat ? Djéser fit ériger une stèle sur l'île de Sehel, près d'Assouan, à la première cataracte du Nil — terre de pêcheurs. Le poisson du Nil salé et séché, denrée de conservation par excellence, nourrissait les équipages remontant le fleuve et les réserves des temples : un aliment sobre, attaché au fleuve nourricier du règne.
Le Nil donne, mais le sage met de côté pour les jours maigres. Sur les rives, mes pêcheurs ouvrent le poisson, le frottent de sel jusqu'au cœur et l'offrent au soleil de Ra qui le sèche et le garde. Ainsi nos barques remontent jusqu'à Sehel sans jamais manquer. Faites-le tremper avant de le manger, brisez-en un morceau sur le pain et l'oignon : c'est la nourriture des hommes du fleuve, et elle vaut bien celle des palais.
Ingrédients (version d’époque)
- Poisson du Nil (tilapia, mulet) — plusieurs (base à conserver)
- Sel — en abondance (agent de conservation)
- Coriandre et cumin — une pincée (parfum et protection)
Ingrédients
- Filets de tilapia ou de mulet — 4 filets (base)
- Gros sel — 500 g (saumure sèche)
- Graines de coriandre concassées — 1 c. à soupe (parfum)
- Cumin moulu — 1 c. à café (parfum)
- Oignon et pain plat — pour servir (accompagnement)
Préparation
- Frottez généreusement les filets de gros sel mêlé de coriandre et de cumin, sur toutes les faces.
- Disposez-les sur une grille et laissez dégorger au réfrigérateur 24 h, en retournant à mi-parcours.
- Rincez le sel de surface, séchez, puis faites sécher les filets dans un endroit ventilé (ou au four entrouvert à 50 °C quelques heures) jusqu'à ce qu'ils soient fermes.
- Pour servir : faites tremper le poisson séché dans de l'eau fraîche 1 à 2 h pour le dessaler.
- Émiettez-le sur du pain plat tiède avec de fines lamelles d'oignon cru et un filet d'huile.
Comment on faisait : Le salage-séchage au soleil était LA grande technique de conservation égyptienne, appliquée au poisson comme à la volaille. Faute de réfrigération, le sel des oasis (notamment le natron) et la chaleur du désert permettaient de stocker des protéines pour des mois.
Le twist contemporain : Servez en petites bouchées sur galette croustillante avec un trait de jus d'oignon mariné — un « tapas du Nil » à l'apéritif.
Sources : William J. Darby, Paul Ghalioungui & Louis Grivetti, Food: The Gift of Osiris (Academic Press, 1977) · Douglas Brewer & Renée Friedman, Fish and Fishing in Ancient Egypt (Aris & Phillips, 1989)
Djoser · Charactorium