Mola salsa et libation aux Pénates
Une poignée de farine d'épeautre torréfiée, mêlée de sel grillé, que l'on répand en signe de respect sur le foyer ou les aliments, accompagnée d'une coupe de vin pur versée pour les dieux. Ce n'est pas un plat à dévorer mais le seuil rituel du repas : austère, parfumé de grillé, profondément symbolique.
Une poignée de farine d'épeautre torréfiée, mêlée de sel grillé, que l'on répand en signe de respect sur le foyer ou les aliments, accompagnée d'une coupe de vin pur versée pour les dieux. Ce n'est pas un plat à dévorer mais le seuil rituel du repas : austère, parfumé de grillé, profondément symbolique.
Avant que vous ne goûtiez quoi que ce soit à ma table, écoutez-moi. J'ai porté ces dieux sur la mer en flammes, et je ne romps jamais le pain sans leur en donner la première part. Prenez le grain torréfié, mêlez-y le sel, et répandez-le de la main droite en silence : ainsi faisaient nos pères sous les murs de Troie. Le destin nous mène, mais les dieux du foyer nous gardent — ne l'oubliez pas, vous non plus.
- •Épeautre (far) — une poignée (grain sacré torréfié)
- •Sel marin grillé — une pincée (purification, conservation)
- •Vin pur — une coupe (libation versée aux dieux)
Mola salsa et libation aux Pénates
Une poignée de farine d'épeautre torréfiée, mêlée de sel grillé, que l'on répand en signe de respect sur le foyer ou les aliments, accompagnée d'une coupe de vin pur versée pour les dieux. Ce n'est pas un plat à dévorer mais le seuil rituel du repas : austère, parfumé de grillé, profondément symbolique.
Pourquoi ce plat ? Énée fuit Troie en emportant sur ses épaules son père Anchise et, dans ses bras, les Pénates — les dieux du foyer. Tout au long de l'Énéide, il est « pius Aeneas », celui qui n'oublie jamais d'honorer les dieux avant d'agir. La mola salsa, farine d'épeautre grillée et salée que l'on répand sur l'offrande (d'où vient le mot « immoler »), est le geste sacré qui précède chaque table dans sa lignée.
Avant que vous ne goûtiez quoi que ce soit à ma table, écoutez-moi. J'ai porté ces dieux sur la mer en flammes, et je ne romps jamais le pain sans leur en donner la première part. Prenez le grain torréfié, mêlez-y le sel, et répandez-le de la main droite en silence : ainsi faisaient nos pères sous les murs de Troie. Le destin nous mène, mais les dieux du foyer nous gardent — ne l'oubliez pas, vous non plus.
Ingrédients (version d’époque)
- Épeautre (far) — une poignée (grain sacré torréfié)
- Sel marin grillé — une pincée (purification, conservation)
- Vin pur — une coupe (libation versée aux dieux)
Ingrédients
- Farine d'épeautre complète — 4 c. à soupe (base à torréfier)
- Fleur de sel — 1 c. à café (assaisonnement rituel)
- Vin rouge sec — 1 petit verre (libation symbolique)
Préparation
- Faire chauffer une poêle sèche à feu moyen.
- Y verser la farine d'épeautre et remuer sans cesse 3 à 4 minutes jusqu'à ce qu'elle blondisse et dégage une odeur de noisette grillée.
- Hors du feu, mélanger avec la fleur de sel.
- Présenter la mola salsa dans une petite coupe en terre ; verser un peu de vin à côté en geste de libation avant de commencer le repas.
Comment on faisait : La mola salsa était préparée à Rome par les Vestales, qui grillaient l'épeautre et le mêlaient à de la saumure séchée. On en saupoudrait la tête des animaux sacrifiés et les offrandes : le verbe latin « immolare » (sacrifier) vient littéralement de cette farine salée (mola). C'est l'un des gestes religieux les plus anciens du monde romain.
Le twist contemporain : Servie comme un « gomasio antique » : une poudre d'épeautre grillé et sel à saupoudrer sur des légumes rôtis, pour ouvrir un dîner à thème sur une note de respect et d'umami torréfié.
Sources : Servius, Commentaire sur l'Énéide · Ovide, Fastes · Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre XVIII
Énée · Charactorium