Les lentilles et le pain d'orge du veuvage
Un plat de lentilles mijotées avec des herbes amères et un trait de vinaigre, accompagné d'un pain d'orge dense. Sobre et nourrissant, c'est la cuisine du jeûne et de la charité, sans viande ni faste.
Un plat de lentilles mijotées avec des herbes amères et un trait de vinaigre, accompagné d'un pain d'orge dense. Sobre et nourrissant, c'est la cuisine du jeûne et de la charité, sans viande ni faste.
Quand le roi mon époux fut rappelé à Dieu, je laissai les diadèmes et les festins pour le voile et la simple écuelle. Près de saint Martin, je mangeais comme les sœurs : des lentilles cuites longtemps, des herbes du jardin un peu amères, un peu de vinaigre, et ce pain d'orge que les moines rompent. Ce que j'épargnais sur ma table, je le donnais aux pauvres de ma main. Croyez-moi : on n'est jamais plus reine que lorsqu'on partage son pain.
- •Lentilles — une mesure (légume sec nourricier)
- •Farine d'orge — pour le pain (céréale humble)
- •Herbes amères (blette, chicorée sauvage) — une botte (verdure de carême)
- •Vinaigre — un trait (acidité)
- •Huile d'olive — un filet (matière grasse maigre)
Les lentilles et le pain d'orge du veuvage
Un plat de lentilles mijotées avec des herbes amères et un trait de vinaigre, accompagné d'un pain d'orge dense. Sobre et nourrissant, c'est la cuisine du jeûne et de la charité, sans viande ni faste.
Pourquoi ce plat ? Après la mort de Clovis, Clotilde se retira près du tombeau de saint Martin, à Tours, et vécut dans la prière, l'aumône et la frugalité monastique. Ce plat humble de lentilles et de pain d'orge évoque cette table de veuve, partagée avec les pauvres qu'elle nourrissait de sa bourse d'aumônes.
Quand le roi mon époux fut rappelé à Dieu, je laissai les diadèmes et les festins pour le voile et la simple écuelle. Près de saint Martin, je mangeais comme les sœurs : des lentilles cuites longtemps, des herbes du jardin un peu amères, un peu de vinaigre, et ce pain d'orge que les moines rompent. Ce que j'épargnais sur ma table, je le donnais aux pauvres de ma main. Croyez-moi : on n'est jamais plus reine que lorsqu'on partage son pain.
Ingrédients (version d’époque)
- Lentilles — une mesure (légume sec nourricier)
- Farine d'orge — pour le pain (céréale humble)
- Herbes amères (blette, chicorée sauvage) — une botte (verdure de carême)
- Vinaigre — un trait (acidité)
- Huile d'olive — un filet (matière grasse maigre)
Ingrédients
- Lentilles vertes — 250 g (légume sec)
- Farine d'orge (ou moitié orge, moitié froment) — 300 g (pain)
- Blettes ou chicorée — 1 botte (verdure amère)
- Oignon — 1 (aromate)
- Vinaigre de vin — 1 c. à soupe (acidité)
- Huile d'olive — 2 c. à soupe (matière grasse)
- Sel, levain ou levure — selon goût (assaisonnement et pain)
Préparation
- Pour le pain : pétrir la farine d'orge avec de l'eau, du sel et du levain ; laisser lever, puis cuire en galette dense 30 à 40 minutes au four.
- Cuire les lentilles à l'eau non salée 25 minutes avec l'oignon, jusqu'à tendreté.
- Faire tomber les blettes ou la chicorée à l'huile d'olive dans une poêle.
- Réunir lentilles et verdure, saler, ajouter le vinaigre et un filet d'huile.
- Servir tiède, avec le pain d'orge rompu à la main.
Comment on faisait : La cuisine monastique du haut Moyen Âge proscrivait souvent la viande : on vivait de légumes secs, de pain d'orge ou de seigle, d'herbes potagères et de poisson les jours gras. Le pain d'orge, moins prestigieux que le froment, était celui des humbles et des pénitents. Les grandes dames retirées du monde, comme Clotilde ou Radegonde, adoptaient ce régime austère et redistribuaient leurs biens en aumônes.
Le twist contemporain : Dressez les lentilles en dôme avec la verdure amère et un trait d'huile vert, le pain d'orge en éclats autour : une assiette « monastique » épurée, dans l'esprit slow-food.
Sources : Grégoire de Tours, Histoire des Francs (retraite de Clotilde à Tours) · Venance Fortunat, Vie de sainte Radegonde (régime des reines retirées)
Clotilde · Charactorium