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Glezele tey, le verre de thé au citron
Pourquoi ce plat ? Le verre de thé brûlant, bu à travers un morceau de sucre tenu entre les dents, accompagnait les longues nuits d'étude des textes sacrés et les discussions sans fin qui faisaient la vie intellectuelle juive d'Europe centrale — celle dont Heschel est l'héritier direct, du heder de Varsovie aux séminaires américains.
Un thé noir corsé, servi très chaud dans un verre, avec une rondelle de citron et, à part, une cuillerée de confiture de fruits rouges qu'on laisse fondre dans la bouche ou dans le thé.
On ne parlait pas de Dieu et des hommes la gorge sèche, vois-tu. Le samovar chantait dans un coin, et l'on remplissait les verres jusque tard dans la nuit. Le sucre, on ne le mettait pas dans le thé — on le tenait entre les dents et on buvait au travers, gorgée après gorgée. Et s'il y avait de la confiture de cerises, une cuillerée fondait lentement sur la langue : douceur et chaleur, voilà de quoi tenir une discussion jusqu'à l'aube.
- •Thé noir en feuilles — fort, du samovar (essence concentrée à diluer)
- •Eau bouillante — à volonté (dilution)
- •Citron — une rondelle (acidité vive)
- •Morceau de sucre — un (douceur, tenu entre les dents)
- •Confiture de cerises ou de fruits rouges (varenye) — une cuillerée (douceur fruitée)
Glezele tey, le verre de thé au citron
Un thé noir corsé, servi très chaud dans un verre, avec une rondelle de citron et, à part, une cuillerée de confiture de fruits rouges qu'on laisse fondre dans la bouche ou dans le thé.
Pourquoi ce plat ? Le verre de thé brûlant, bu à travers un morceau de sucre tenu entre les dents, accompagnait les longues nuits d'étude des textes sacrés et les discussions sans fin qui faisaient la vie intellectuelle juive d'Europe centrale — celle dont Heschel est l'héritier direct, du heder de Varsovie aux séminaires américains.
On ne parlait pas de Dieu et des hommes la gorge sèche, vois-tu. Le samovar chantait dans un coin, et l'on remplissait les verres jusque tard dans la nuit. Le sucre, on ne le mettait pas dans le thé — on le tenait entre les dents et on buvait au travers, gorgée après gorgée. Et s'il y avait de la confiture de cerises, une cuillerée fondait lentement sur la langue : douceur et chaleur, voilà de quoi tenir une discussion jusqu'à l'aube.
Ingrédients (version d’époque)
- Thé noir en feuilles — fort, du samovar (essence concentrée à diluer)
- Eau bouillante — à volonté (dilution)
- Citron — une rondelle (acidité vive)
- Morceau de sucre — un (douceur, tenu entre les dents)
- Confiture de cerises ou de fruits rouges (varenye) — une cuillerée (douceur fruitée)
Ingrédients
- Thé noir corsé — 1 c. à café par verre (infusion)
- Eau frémissante — 200 ml par verre (infusion)
- Citron — 1 rondelle (acidité vive)
- Sucre en morceaux — selon le goût (douceur)
- Confiture de cerises — 1 c. à café (douceur fruitée, en accompagnement)
Préparation
- Préparez un thé noir bien infusé, fort mais sans amertume excessive (3 à 4 minutes).
- Versez-le brûlant dans un verre épais, sans lait.
- Ajoutez une rondelle de citron qui parfume et désaltère.
- Servez à côté un morceau de sucre et une petite cuillère de confiture de cerises.
- Buvez très chaud, le sucre entre les dents à la mode d'autrefois, en laissant fondre la confiture.
Comment on faisait : Hérité de la Russie tsariste et de son samovar, le thé au citron sans lait était la boisson universelle des communautés juives d'Europe de l'Est. La confiture servie à part, le varenye, se mangeait à la cuillère entre deux gorgées plutôt que mélangée.
Le twist contemporain : Servi dans un verre à anse en métal (podstakannik), il fait voyager toute une table de Varsovie à New York en une gorgée.
Sources : John Cooper, Eat and Be Satisfied: A Social History of Jewish Food (1993)
Abraham Joshua Heschel · Charactorium





