La carte de Abdellatif Laâbi
Atay — le thé qui ouvre et qui clôt, cœur de l'hospitalité

Le thé à la menthe (atay b'naânaâ)

BoissonDocumentée🍯 ☕facile15 min

Thé vert de Chine infusé fort avec une grosse poignée de menthe fraîche et beaucoup de sucre, versé de très haut pour le couronner d'une mousse fine. Servi brûlant dans de petits verres, en trois services successifs de plus en plus doux.

Atay — le thé qui ouvre et qui clôt, cœur de l'hospitalité

Thé vert de Chine infusé fort avec une grosse poignée de menthe fraîche et beaucoup de sucre, versé de très haut pour le couronner d'une mousse fine. Servi brûlant dans de petits verres, en trois services successifs de plus en plus doux.

Approche, assieds-toi, ne refuse pas : chez nous on ne discute pas, on ne se réconcilie pas, on ne se révolte même pas sans un verre de thé à la main. Je tasse le thé vert, je l'écume une première fois pour ôter l'amertume, puis je le marie à une botte entière de menthe et à un pain de sucre. Verse de haut, plus haut encore, que la mousse se forme — c'est elle qu'on appelle la chemise du thé. À Kénitra, crois-moi, un seul de ces verres valait toutes les libertés du dehors.
Abdellatif Laâbi
Ingrédients
  • Thé vert de Chine (gunpowder)une grosse pincée (base)
  • Menthe verte fraîche (naânaâ)une botte généreuse (parfum)
  • Sucre en painà volonté, abondant (douceur)
  • Eau de source bouillanteune théière (infusion)
Comment on faisait : Le thé vert arrive massivement au Maroc au XIXe siècle par le commerce anglais ; marié à la menthe locale et au sucre, il devient en quelques générations la boisson nationale et le rite d'accueil par excellence. On disait des trois services qu'ils étaient « doux comme la vie, fort comme l'amour, amer comme la mort ».