Le socle (ninda — le pain qu'on rompt à toute table sumérienne)
Pain plat d'orge cuit sur la sole
QuotidienReconstitution☕ 🧂facile30 min (+ 1 h de repos)
Une galette dense d'orge concassée, à peine levée, cuite à même la paroi chaude du four d'argile ou sur une pierre. Goût rustique, légèrement amer, fait pour saucer les brouets et accompagner la bière.
Le socle (ninda — le pain qu'on rompt à toute table sumérienne)
Une galette dense d'orge concassée, à peine levée, cuite à même la paroi chaude du four d'argile ou sur une pierre. Goût rustique, légèrement amer, fait pour saucer les brouets et accompagner la bière.
Moi, Gilgamesh, qui ai vu l'Abîme et bâti les remparts d'Uruk, je te le dis : avant d'être roi, l'homme est celui qui rompt le pain. Mon ami Enkidu courait nu avec les gazelles ; on lui mit ce pain d'orge entre les mains, et il devint mon frère. Prends la farine d'orge, mouille-la d'eau et d'un peu de sel, écrase-la sous ta paume, et claque la galette contre la paroi brûlante du tannur. Quand elle se détache d'elle-même, c'est qu'elle est prête — rompe-la, jamais ne la tranche au couteau.
Ingrédients
- •Farine d'orge fraîchement moulue — deux poignées par convive (socle)
- •Eau du fleuve — au jugé (liaison)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
- •Levain de la veille (facultatif) — un peu (légère fermentation)
Comment on faisait : L'orge était la céréale reine de Sumer (le blé, plus rare, supportait mal le sol salé de la basse Mésopotamie). On la moulait sur une meta en pierre, et le pain cuisait dans le tannur, four d'argile en forme de ruche encore utilisé au Proche-Orient. Peu levé, ce pain était dense et nourrissant.
Sources : Jean Bottéro, La plus vieille cuisine du monde, Audibert, 2002 · M. Civil, A Hymn to the Beer Goddess and a Drinking Song, 1964