Café de chicorée au miel (Muckefuck)
Un breuvage chaud et amer obtenu en infusant de la racine de chicorée torréfiée et moulue, adouci d'un peu de miel et d'un nuage de lait. Le 'café' économe des maisons de Hesse au temps des guerres napoléoniennes.
Un breuvage chaud et amer obtenu en infusant de la racine de chicorée torréfiée et moulue, adouci d'un peu de miel et d'un nuage de lait. Le 'café' économe des maisons de Hesse au temps des guerres napoléoniennes.
Du vrai café ? Ne m'en parlez pas, du temps de l'Empereur et de son blocus il n'en venait plus une fève jusqu'à Cassel, ou alors au prix de l'or ! Nous faisions sécher et rôtir la racine de chicorée jusqu'à ce qu'elle brunisse et embaume presque comme la vraie, puis je la moulais et la laissais infuser bien noire. Une larme de lait, un doigt de miel pour en ôter l'amertume, et voilà de quoi tenir une après-midi entière. C'est sur ce café-là, croyez-moi, que se sont dits bien des contes que mon Wilhelm a ensuite couchés sur le papier.
- •Racine de chicorée — ce qu'on a séché (substitut de café)
- •Eau — selon le nombre de tasses (infusion)
- •Miel — au goût (adoucir l'amertume)
- •Lait — un trait (rondeur)
Café de chicorée au miel (Muckefuck)
Un breuvage chaud et amer obtenu en infusant de la racine de chicorée torréfiée et moulue, adouci d'un peu de miel et d'un nuage de lait. Le 'café' économe des maisons de Hesse au temps des guerres napoléoniennes.
Pourquoi ce plat ? Sous le Blocus continental qui frappe l'Allemagne du temps où Dortchen est jeune fille à Cassel, le vrai café devient introuvable et hors de prix. On le remplace par une décoction de racine de chicorée torréfiée, ce 'Muckefuck' qui accompagne la table où les Grimm recueillent les contes que Dortchen leur transmet.
Du vrai café ? Ne m'en parlez pas, du temps de l'Empereur et de son blocus il n'en venait plus une fève jusqu'à Cassel, ou alors au prix de l'or ! Nous faisions sécher et rôtir la racine de chicorée jusqu'à ce qu'elle brunisse et embaume presque comme la vraie, puis je la moulais et la laissais infuser bien noire. Une larme de lait, un doigt de miel pour en ôter l'amertume, et voilà de quoi tenir une après-midi entière. C'est sur ce café-là, croyez-moi, que se sont dits bien des contes que mon Wilhelm a ensuite couchés sur le papier.
Ingrédients (version d’époque)
- Racine de chicorée — ce qu'on a séché (substitut de café)
- Eau — selon le nombre de tasses (infusion)
- Miel — au goût (adoucir l'amertume)
- Lait — un trait (rondeur)
Ingrédients
- Chicorée torréfiée moulue (en commerce ou racine séchée maison) — 2 c. à soupe (base amère)
- Eau — 500 ml (infusion)
- Miel — 1–2 c. à café (sucrant)
- Lait — un trait par tasse (rondeur)
Préparation
- Si vous partez de la racine fraîche : coupez-la en dés, séchez-la puis torréfiez-la à la poêle ou au four jusqu'à ce qu'elle brunisse et embaume, puis moulez-la.
- Portez l'eau à frémissement, jetez-y la chicorée moulue et laissez infuser/décocter 5 min.
- Filtrez dans les tasses.
- Sucrez d'un peu de miel et ajoutez un trait de lait. Servez très chaud, avec une part de Pflaumenkuchen.
Comment on faisait : Le 'café' de chicorée (Zichorienkaffee), surnommé plus tard 'Muckefuck', s'est imposé en Allemagne dès la fin du XVIIIe siècle et surtout pendant le Blocus continental (1806–1813), quand le café colonial manquait. On torréfiait la racine de chicorée, parfois mêlée d'orge ou de glands grillés, pour imiter l'amertume et la couleur du café. C'était la boisson quotidienne des familles modestes et bourgeoises de la Hesse de Dortchen.
Le twist contemporain : Servi en 'latte' moussé avec une pincée de cannelle : le café de disette de 1810 entre dans le salon d'aujourd'hui.
Henriette Dorothea Wild · Charactorium



