retournerAmazake — boisson douce de riz fermenté
Amazake — boisson douce de riz fermenté
Pourquoi ce plat ? L'amazake était vendu dans les rues d'Edo par des marchands criant leur tournée, été comme hiver. Pour Hokusai, grand buveur de thé qui carburait au travail, cette boisson sucrée sans alcool, nourrissante et bon marché, était le remontant naturel du citadin d'Edo entre deux planches gravées.
Une boisson épaisse, douce et laiteuse obtenue en laissant le koji (riz ensemencé de ferment) transformer l'amidon en sucre. Sans alcool, naturellement sucrée, on la boit tiède : un coup de fouet doux qu'on surnommait à juste titre « la perfusion à boire ».
Quand le froid me raidissait les doigts, j'entendais le marchand d'amazake passer dans la ruelle avec sa palanche, et je sortais mon écuelle. C'est doux comme du riz qui aurait appris la sucrerie tout seul, sans un grain de sucre — le koji fait ce prodige pendant que tu dors. Une gorgée tiède, et la chaleur te remonte des mains jusqu'au pinceau. Voilà ce qui m'a tenu debout bien des hivers d'Edo, moi qui n'ai jamais eu d'autre fortune que mon ouvrage.
- •Riz cuit (okayu, bouillie de riz) — un bol (base sucrière)
- •Kome-koji (riz ensemencé de koji) — même volume que le riz (ferment saccharifiant)
- •Eau chaude — pour détendre (milieu)
- •Gingembre frais — un peu, râpé (relevé (optionnel))
Amazake — boisson douce de riz fermenté
Une boisson épaisse, douce et laiteuse obtenue en laissant le koji (riz ensemencé de ferment) transformer l'amidon en sucre. Sans alcool, naturellement sucrée, on la boit tiède : un coup de fouet doux qu'on surnommait à juste titre « la perfusion à boire ».
Pourquoi ce plat ? L'amazake était vendu dans les rues d'Edo par des marchands criant leur tournée, été comme hiver. Pour Hokusai, grand buveur de thé qui carburait au travail, cette boisson sucrée sans alcool, nourrissante et bon marché, était le remontant naturel du citadin d'Edo entre deux planches gravées.
Quand le froid me raidissait les doigts, j'entendais le marchand d'amazake passer dans la ruelle avec sa palanche, et je sortais mon écuelle. C'est doux comme du riz qui aurait appris la sucrerie tout seul, sans un grain de sucre — le koji fait ce prodige pendant que tu dors. Une gorgée tiède, et la chaleur te remonte des mains jusqu'au pinceau. Voilà ce qui m'a tenu debout bien des hivers d'Edo, moi qui n'ai jamais eu d'autre fortune que mon ouvrage.
Ingrédients (version d’époque)
- Riz cuit (okayu, bouillie de riz) — un bol (base sucrière)
- Kome-koji (riz ensemencé de koji) — même volume que le riz (ferment saccharifiant)
- Eau chaude — pour détendre (milieu)
- Gingembre frais — un peu, râpé (relevé (optionnel))
Ingrédients
- Riz rond cuit — 200 g (riz cuit) (base)
- Kome-koji (riz koji, sec ou frais) — 200 g (ferment)
- Eau — 400 ml (dilution)
- Gingembre frais râpé — 1 c. à café (facultatif) (finition)
Préparation
- Mélanger le riz cuit encore chaud avec l'eau pour obtenir une bouillie tiède (environ 60 °C — la main supporte, sans plus).
- Incorporer le koji émietté en veillant à ne jamais dépasser 60 °C (au-delà, le ferment meurt).
- Maintenir le mélange à 55-60 °C pendant 6 à 8 heures (yaourtière, rice cooker en mode « keep warm » entrouvert, ou thermos), en remuant de temps en temps.
- Quand le mélange est devenu nettement sucré et laiteux, c'est prêt. Mixer pour une texture lisse si on le souhaite.
- Détendre d'un peu d'eau chaude, servir tiède, une pointe de gingembre râpé par-dessus. Se garde quelques jours au frais.
Comment on faisait : L'amazake d'Edo, contrairement à ce qu'on croirait, se vendait surtout l'été comme boisson nutritive et tonifiante : les annales le comptent parmi les remèdes contre la fatigue des grandes chaleurs. Sans alcool (à ne pas confondre avec le saké), il convenait à tous, enfants compris.
Le twist contemporain : Servez-le glacé en été, façon smoothie de riz, sous le nom de « lait de Fuji » — blanc et nuageux comme les neiges du sommet qu'Hokusai a dessiné cent fois.
Sources : Eric C. Rath, Food and Fantasy in Early Modern Japan, University of California Press, 2010 · Naomichi Ishige, The History and Culture of Japanese Food, Kegan Paul, 2001
Hokusai · Charactorium





