Amazake — la boisson de riz fermenté qui réchauffe
Boisson épaisse, laiteuse et naturellement sucrée, obtenue par fermentation du riz avec du kōji (riz ensemencé d'un champignon). Servie chaude, parfumée au gingembre, elle réconforte sans alcool. La douceur vient entièrement du riz, sans sucre ajouté.
Boisson épaisse, laiteuse et naturellement sucrée, obtenue par fermentation du riz avec du kōji (riz ensemencé d'un champignon). Servie chaude, parfumée au gingembre, elle réconforte sans alcool. La douceur vient entièrement du riz, sans sucre ajouté.
Le tournage de Ran m'a vieilli de dix ans ; sur ces hauteurs, le vent glaçait jusqu'aux os. On me tendait alors un bol d'amazake brûlant, blanc comme la neige du décor. Ne le fais surtout pas bouillir trop fort, garde-le sous le frémissement, sinon le kōji meurt et ta boisson n'aura plus sa douceur. Râpe un peu de gingembre par-dessus, il pique juste ce qu'il faut pour réveiller un vieil homme transi. C'est une boisson d'enfants et de vieillards, et j'avoue être redevenu les deux à la fois devant ce bol.
- •Riz cuit (ou bouillie de riz) — un bol (base)
- •Kōji (riz ensemencé d'Aspergillus oryzae) — même volume que le riz (ferment sucrant)
- •Eau chaude — à consistance (liquide)
- •Gingembre frais — un peu, râpé (parfum)
Amazake — la boisson de riz fermenté qui réchauffe
Boisson épaisse, laiteuse et naturellement sucrée, obtenue par fermentation du riz avec du kōji (riz ensemencé d'un champignon). Servie chaude, parfumée au gingembre, elle réconforte sans alcool. La douceur vient entièrement du riz, sans sucre ajouté.
Pourquoi ce plat ? Pour les tournages glacés du mont Fuji et de Nara, rien de plus japonais qu'un bol d'amazake fumant. Cette boisson de riz fermenté, douce et sans alcool quand elle est faite au koji, accompagne depuis des siècles le froid et les fêtes ; elle évoque l'univers traditionnel et populaire dans lequel baignait Kurosawa.
Le tournage de Ran m'a vieilli de dix ans ; sur ces hauteurs, le vent glaçait jusqu'aux os. On me tendait alors un bol d'amazake brûlant, blanc comme la neige du décor. Ne le fais surtout pas bouillir trop fort, garde-le sous le frémissement, sinon le kōji meurt et ta boisson n'aura plus sa douceur. Râpe un peu de gingembre par-dessus, il pique juste ce qu'il faut pour réveiller un vieil homme transi. C'est une boisson d'enfants et de vieillards, et j'avoue être redevenu les deux à la fois devant ce bol.
Ingrédients (version d’époque)
- Riz cuit (ou bouillie de riz) — un bol (base)
- Kōji (riz ensemencé d'Aspergillus oryzae) — même volume que le riz (ferment sucrant)
- Eau chaude — à consistance (liquide)
- Gingembre frais — un peu, râpé (parfum)
Ingrédients
- Riz rond cuit — 200 g (base)
- Kōji (rice koji) — 200 g (ferment)
- Eau — 400 ml (tiède, ~60 °C) (liquide)
- Gingembre frais — 1 petit morceau râpé (parfum)
- Pincée de sel — 1 (rehausse la douceur)
Préparation
- Mélanger le riz cuit tiède avec l'eau pour obtenir une bouillie à environ 55-60 °C (jamais plus chaud, sinon le kōji est détruit).
- Incorporer le kōji émietté, bien mélanger.
- Maintenir le mélange entre 55 et 60 °C pendant 6 à 8 h (yaourtière, autocuiseur en mode maintien au chaud entrouvert, ou four à 55 °C) : il s'épaissit et se sucre tout seul.
- Mixer pour une texture lisse si désiré, ajouter une pincée de sel.
- Réchauffer doucement (sans bouillir) au moment de servir, et râper un peu de gingembre frais dans chaque bol.
Comment on faisait : L'amazake est attesté au Japon depuis l'époque de Nara (VIIIe siècle) ; on en buvait déjà comme remontant nutritif, au point qu'on l'a surnommé la « perfusion bue ». La version au kōji est sans alcool ; une autre version, à base de lie de saké (sakekasu), en contient un peu. Boisson de fêtes shintō et de marchés ambulants l'hiver.
Le twist contemporain : Servez-le glacé l'été dans un verre givré, façon smoothie de riz : la même boisson millénaire, relue comme un plan inversé.
Akira Kurosawa · Charactorium