Botamochi — riz gluant enrobé de haricot azuki
Une boulette de riz gluant à demi pilé, enveloppée d'une pâte d'azuki à peine sucrée. Rouge sombre, dense, réconfortant : le gâteau des morts qu'on offre et qu'on partage aux jours saints.
Une boulette de riz gluant à demi pilé, enveloppée d'une pâte d'azuki à peine sucrée. Rouge sombre, dense, réconfortant : le gâteau des morts qu'on offre et qu'on partage aux jours saints.
Aux jours où le jour et la nuit se font égaux, on prépare ceci pour les Bouddhas et pour nos défunts. Je pile le riz à moitié — ni grain entier ni pâte, comme l'homme entre ce monde-ci et la Terre pure — puis je le roule dans le haricot rouge, car cette couleur, dit-on, écarte les ombres. Le sucre est rare et cher, alors je laisse le haricot donner sa douceur de lui-même, à peine relevée. Offres-en d'abord à l'autel, en récitant le Nom ; ce qui reste, partage-le sans compter — la grâce ne se garde pas pour soi.
- •Riz gluant (mochigome) — un bol (cœur de la boulette)
- •Haricots azuki — deux bols (enrobage rouge)
- •Sucre brun (ou amazake / un peu de miel) — très peu, denrée précieuse (douceur)
- •Sel — une pincée (relève la pâte)
Botamochi — riz gluant enrobé de haricot azuki
Une boulette de riz gluant à demi pilé, enveloppée d'une pâte d'azuki à peine sucrée. Rouge sombre, dense, réconfortant : le gâteau des morts qu'on offre et qu'on partage aux jours saints.
Pourquoi ce plat ? Aux équinoxes (ohigan), les fidèles déposent sur l'autel des Bouddhas des boulettes de riz roulées dans la pâte d'azuki, dont le rouge éloigne le mal. Pour Hōnen, qui voulait un salut offert au plus humble, cette douceur partagée par les villageois — et non réservée aux nobles — disait tout : la grâce d'Amida, comme le botamochi, est pour tout le monde.
Aux jours où le jour et la nuit se font égaux, on prépare ceci pour les Bouddhas et pour nos défunts. Je pile le riz à moitié — ni grain entier ni pâte, comme l'homme entre ce monde-ci et la Terre pure — puis je le roule dans le haricot rouge, car cette couleur, dit-on, écarte les ombres. Le sucre est rare et cher, alors je laisse le haricot donner sa douceur de lui-même, à peine relevée. Offres-en d'abord à l'autel, en récitant le Nom ; ce qui reste, partage-le sans compter — la grâce ne se garde pas pour soi.
Ingrédients (version d’époque)
- Riz gluant (mochigome) — un bol (cœur de la boulette)
- Haricots azuki — deux bols (enrobage rouge)
- Sucre brun (ou amazake / un peu de miel) — très peu, denrée précieuse (douceur)
- Sel — une pincée (relève la pâte)
Ingrédients
- Riz gluant (mochigome) — 200 g (cœur de la boulette)
- Haricots azuki secs — 200 g (pâte d'enrobage)
- Sucre (de canne brun) — 120 g (douceur (réduire pour l'esprit d'époque))
- Sel — 1 pincée (équilibre)
Préparation
- Cuire le riz gluant (trempé 4 h) à la vapeur ou à l'eau, jusqu'à tendreté.
- Le piler grossièrement au pilon : il doit rester à demi en grains (hangoroshi).
- Façonner des boulettes ovales avec les mains humides.
- Pour l'azuki : cuire les haricots à l'eau jusqu'à tendreté complète (1 à 1 h 30), jeter la première eau pour ôter l'amertume.
- Écraser, ajouter sucre et pincée de sel, dessécher à feu doux en remuant jusqu'à une pâte épaisse (an).
- Envelopper chaque boulette de riz dans une couche de pâte d'azuki tiède. Servir le jour même.
Comment on faisait : Le riz sucré aux azuki est lié de longue date au culte bouddhique japonais et aux offrandes des ancêtres ; sa couleur rouge passait pour conjurer le malheur. Au XIIᵉ siècle, le sucre restait un luxe importé (réservé presque à la médecine) : les versions anciennes étaient beaucoup moins sucrées que les wagashi modernes, la douceur venant surtout du haricot lui-même.
Le twist contemporain : Roulé dans du kinako (farine de soja torréfié) au lieu de la pâte, pour une bouchée plus légère, façon comptoir de salon de thé.
Honen · Charactorium