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Pâté de venaison en croûte
Pourquoi ce plat ? La forêt de Coulombiers, près de Lusignan, fournissait le gibier des chasses seigneuriales. Pour garder cette venaison et l'emporter, on l'enfermait dans une épaisse croûte de pâte — le « coffin » — qui faisait à la fois moule, cuisson et boîte de conservation.
Une terrine de gibier (chevreuil ou sanglier) hachée et longuement épicée, scellée dans une croûte ferme qui la protège et la conserve plusieurs jours, idéale pour la chasse, le voyage ou la table froide.
Mon seigneur Raymondin chassait dans ces bois de Coulombiers où, jadis, je l'ai rencontré près de la Fontaine de Soif. De sa venaison, mes cuisiniers font ce pâté de garde : la chair hachée menu, bien poivrée et embaumée d'épices, qu'on enclôt dans une croûte dure comme un coffret. Ainsi scellé, il chemine sans se gâter, et le chevalier l'emporte aux champs. Brisez la croûte au couteau : la chair s'y tient parfumée comme un secret bien gardé — et de secrets, croyez-moi, je m'y connais.
- •Venaison (chevreuil ou sanglier) — belle pièce (chair principale)
- •Lard — ce qu'il faut (moelleux et liant gras)
- •Poivre, gingembre, clou de girofle, cannelle — bonne main d'épices (parfum et conservation)
- •Sel — généreusement (conservation)
- •Farine et eau pour la croûte — à façonner (coffin protecteur)
Pâté de venaison en croûte
Une terrine de gibier (chevreuil ou sanglier) hachée et longuement épicée, scellée dans une croûte ferme qui la protège et la conserve plusieurs jours, idéale pour la chasse, le voyage ou la table froide.
Pourquoi ce plat ? La forêt de Coulombiers, près de Lusignan, fournissait le gibier des chasses seigneuriales. Pour garder cette venaison et l'emporter, on l'enfermait dans une épaisse croûte de pâte — le « coffin » — qui faisait à la fois moule, cuisson et boîte de conservation.
Mon seigneur Raymondin chassait dans ces bois de Coulombiers où, jadis, je l'ai rencontré près de la Fontaine de Soif. De sa venaison, mes cuisiniers font ce pâté de garde : la chair hachée menu, bien poivrée et embaumée d'épices, qu'on enclôt dans une croûte dure comme un coffret. Ainsi scellé, il chemine sans se gâter, et le chevalier l'emporte aux champs. Brisez la croûte au couteau : la chair s'y tient parfumée comme un secret bien gardé — et de secrets, croyez-moi, je m'y connais.
Ingrédients (version d’époque)
- Venaison (chevreuil ou sanglier) — belle pièce (chair principale)
- Lard — ce qu'il faut (moelleux et liant gras)
- Poivre, gingembre, clou de girofle, cannelle — bonne main d'épices (parfum et conservation)
- Sel — généreusement (conservation)
- Farine et eau pour la croûte — à façonner (coffin protecteur)
Ingrédients
- Épaule de chevreuil ou de sanglier — 700 g (chair hachée)
- Poitrine de porc / lard gras — 200 g (moelleux)
- Mélange poivre + gingembre + girofle + cannelle — 2 c. à café (épices)
- Sel — 15 g (assaisonnement et tenue)
- Farine — 400 g (pâte à coffin)
- Eau chaude + saindoux — 20 cl + 120 g (pâte à l'eau chaude (hot water crust))
- 1 œuf — pour dorer (finition)
Préparation
- Hacher la venaison et le lard ensemble, assaisonner de sel et d'épices, laisser reposer au frais 1 h.
- Préparer la pâte à l'eau chaude : fondre le saindoux dans l'eau chaude, verser sur la farine salée, pétrir vite et foncer un moule pendant que la pâte est encore tiède et souple.
- Garnir de la farce bien tassée, refermer d'un couvercle de pâte, souder les bords et percer une cheminée.
- Dorer à l'œuf et cuire à 180 °C environ 1 h 30, jusqu'à ce que la croûte soit dure et dorée.
- Laisser refroidir complètement : le pâté se conserve plusieurs jours au frais et se déguste froid, tranché.
Comment on faisait : Les « pâtés en pot » et venaisons enfermées en croûte servaient autant de cuisson que de conservation : la croûte épaisse (le coffin) faisait barrière à l'air et n'était pas toujours mangée. Sel et épices fortes (girofle, poivre, cannelle, toutes importées) ralentissaient l'altération. Le gibier, réservé à la noblesse par le droit de chasse, était un mets de rang.
Le twist contemporain : Couler un peu de gelée parfumée au vin par la cheminée une fois refroidi, et présenter le pâté tranché sur une planche avec un confit d'oignons au verjus.
Sources : Le Viandier de Taillevent (XIVe s.) · Le Ménagier de Paris (v. 1393)
Mélusine · Charactorium





