Nichiren(1222 — 1282)

Nichiren

Japon

6 min de lecture

SpiritualitéPhilosophieMoyen ÂgeJapon médiéval de l'époque de Kamakura (XIIIᵉ siècle), période de troubles politiques, de catastrophes naturelles et de renouveau religieux bouddhique.

Nichiren (1222-1282) est un moine bouddhiste japonais du XIIIᵉ siècle, fondateur de l'école Nichiren-shū. Il enseigna que le Sūtra du Lotus contenait l'essence ultime de l'enseignement du Bouddha et prôna la récitation du mantra « Namu Myōhō Renge Kyō ».

Questions fréquentes

Nichiren, né en 1222 dans un village de pêcheurs de la province d'Awa, est un moine bouddhiste qui a fondé une école entièrement centrée sur le Sūtra du Lotus. Ce qui le rend unique, c'est qu'il affirmait que ce texte contenait l'essence ultime de l'enseignement du Bouddha, et que sa simple récitation — le daimoku « Namu Myōhō Renge Kyō » — suffisait au salut, même pour les illettrés. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il rompait ainsi avec les pratiques savantes réservées à l'élite monastique, rendant la voie spirituelle accessible à tous. Son héritage perdure aujourd'hui à travers des écoles comme la Nichiren-shū et la Sōka Gakkai.

Faits marquants

  • Naît en 1222 dans la province d'Awa, au Japon, dans une famille de pêcheurs
  • Proclame en 1253 sa nouvelle doctrine centrée sur le Sūtra du Lotus et le chant « Namu Myōhō Renge Kyō »
  • Rédige en 1260 le Risshō Ankoku Ron, traité adressé aux autorités du shogunat de Kamakura
  • Est exilé à plusieurs reprises (île de Sado en 1271) pour ses critiques des autres écoles et du pouvoir
  • Meurt en 1282, laissant l'école Nichiren-shū qui essaimera dans tout le bouddhisme japonais

Œuvres & réalisations

Risshō Ankoku Ron (Traité sur la pacification du pays) (1260)

Son traité le plus célèbre, adressé aux autorités, liant les calamités du Japon à l'abandon du vrai bouddhisme.

Kaimoku Shō (Ouvrir les yeux) (1272)

Œuvre rédigée en exil à Sado, affirmant sa mission de sauveur du Japon par le Sūtra du Lotus.

Kanjin no Honzon Shō (L'objet de vénération) (1273)

Exposé doctrinal présentant le Gohonzon comme objet central de la pratique.

Le Gohonzon (vers 1273)

Mandala calligraphique inventé par Nichiren, devenu l'objet de vénération de son école.

Fondation du daimoku « Namu Myōhō Renge Kyō » (1253)

Pratique de récitation du titre du Sūtra du Lotus, accessible à tous, cœur de son enseignement.

Senji Shō (Sur le choix du temps) (1275)

Traité sur l'enseignement adapté à l'époque de la « Fin de la Loi » (mappō).

Hōon Shō (Sur le remboursement des dettes de gratitude) (1276)

Texte tardif récapitulant sa doctrine et exprimant sa gratitude envers ses maîtres.

Anecdotes

En 1260, Nichiren présenta au régent shogunal son traité « Risshō Ankoku Ron » dans lequel il affirmait que les catastrophes frappant le Japon — séismes, famines, épidémies — venaient de l'abandon du vrai bouddhisme. Cette audace lui valut de nombreuses persécutions.

En 1271, condamné à être décapité à Tatsunokuchi, Nichiren échappa à la mort selon la tradition : au moment où le bourreau levait son sabre, une lumière éclatante (parfois décrite comme une comète ou un météore) traversa le ciel et terrifia les soldats, qui n'osèrent pas exécuter la sentence.

Nichiren fut exilé deux fois : d'abord dans la péninsule d'Izu (1261), puis sur l'île glaciale de Sado (1271-1274), où il vécut dans un dénuement extrême, dans une cabane délabrée exposée à la neige, mais où il rédigea certains de ses textes les plus importants.

Convaincu que la récitation du titre du Sūtra du Lotus suffisait au salut, Nichiren enseigna le « daimoku » : la formule « Namu Myōhō Renge Kyō », accessible à tous, lettrés comme illettrés, ce qui rompait avec les pratiques savantes réservées à l'élite monastique.

Nichiren prédit une invasion étrangère du Japon ; les tentatives mongoles de Kubilai Khan en 1274 et 1281, repoussées par les fameux « vents divins » (kamikaze), furent perçues par ses disciples comme la confirmation de ses avertissements.

Sources primaires

Risshō Ankoku Ron (Traité sur la pacification du pays par l'établissement du vrai enseignement) (1260)
Si l'on veut apporter la paix au pays et prier pour le présent comme pour l'avenir, il faut d'abord examiner attentivement l'origine des troubles et y porter remède.
Kaimoku Shō (Ouvrir les yeux) (1272)
Je serai le pilier du Japon, je serai les yeux du Japon, je serai le grand navire du Japon : tel est mon vœu, et je ne le briserai jamais.
Kanjin no Honzon Shō (L'objet de vénération pour l'observation de l'esprit) (1273)
Dans le titre même du Sūtra du Lotus est contenue toute la doctrine du Bouddha ; le réciter avec foi équivaut à embrasser l'ensemble des enseignements.
Lettre depuis Sado (Sado Gosho) (1272)
La neige tombe sans cesse et les vivres manquent, mais ma foi dans le Sūtra du Lotus ne faiblit pas, car les épreuves sont la preuve de la justesse de la Loi.

Lieux clés

Kominato (province d'Awa)

Village de pêcheurs où naquit Nichiren en 1222. Un temple, le Tanjō-ji, y commémore aujourd'hui sa naissance.

Mont Seichō (Seichō-ji)

Monastère de la province d'Awa où Nichiren reçut sa formation bouddhique et proclama pour la première fois son enseignement en 1253.

Kamakura

Capitale du shogunat où Nichiren prêcha, affronta les autorités et faillit être exécuté à Tatsunokuchi en 1271.

Île de Sado

Île reculée de la mer du Japon où Nichiren fut exilé de 1271 à 1274. Il y rédigea ses œuvres doctrinales majeures malgré des conditions très dures.

Mont Minobu (Kuon-ji)

Montagne du Yamanashi où Nichiren se retira à partir de 1274 pour enseigner ; le temple Kuon-ji y devint le centre de son école.

Ikegami (Ikegami Honmon-ji)

Lieu, près de l'actuelle Tokyo, où Nichiren mourut en 1282. Un grand temple y perpétue sa mémoire.

Voir aussi