Maza, la galette d'orge du poète
Une galette dense d'orge grillée pétrie d'eau et d'huile, à peine cuite sur la pierre chaude. Rustique, légèrement amère par la balle d'orge, relevée d'une pincée de sel : la nourriture de tous les jours, celle qui tient au corps du berger comme du musicien errant.
Une galette dense d'orge grillée pétrie d'eau et d'huile, à peine cuite sur la pierre chaude. Rustique, légèrement amère par la balle d'orge, relevée d'une pincée de sel : la nourriture de tous les jours, celle qui tient au corps du berger comme du musicien errant.
Approche, voyageur, et ne dédaigne pas cette galette modeste. Moi, fils de Calliope, je n'ai pas toujours mangé aux tables des rois : sur les sentiers de Thrace, c'est l'orge grillée que je pétrissais d'eau de source et d'un filet d'huile, sans verser le sang d'aucune bête, car telle est la voie que j'enseigne. Réchauffe-la sur la pierre brûlante, frotte-la d'huile comme on oint la lyre, et romps-la en songeant que les Muses elles-mêmes furent nourries d'orge. Mange, et tu sauras pourquoi mon chant ne pesait jamais lourd dans ma poitrine.
- •Farine d'orge grillée (alphita) — deux poignées généreuses (socle céréalier)
- •Eau de source tiède — ce qu'il faut pour lier (liant)
- •Huile d'olive — un trait (liant et parfum)
- •Sel marin — une pincée (assaisonnement)
Maza, la galette d'orge du poète
Une galette dense d'orge grillée pétrie d'eau et d'huile, à peine cuite sur la pierre chaude. Rustique, légèrement amère par la balle d'orge, relevée d'une pincée de sel : la nourriture de tous les jours, celle qui tient au corps du berger comme du musicien errant.
Pourquoi ce plat ? La maza est le pain quotidien du Grec ordinaire, et plus encore de l'orphique qui fuit les festins de viande. Avant de prendre la lyre, Orphée se nourrit de cette galette simple, frottée d'huile, comme tout fils de la Piérie nourri d'orge et de chant.
Approche, voyageur, et ne dédaigne pas cette galette modeste. Moi, fils de Calliope, je n'ai pas toujours mangé aux tables des rois : sur les sentiers de Thrace, c'est l'orge grillée que je pétrissais d'eau de source et d'un filet d'huile, sans verser le sang d'aucune bête, car telle est la voie que j'enseigne. Réchauffe-la sur la pierre brûlante, frotte-la d'huile comme on oint la lyre, et romps-la en songeant que les Muses elles-mêmes furent nourries d'orge. Mange, et tu sauras pourquoi mon chant ne pesait jamais lourd dans ma poitrine.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine d'orge grillée (alphita) — deux poignées généreuses (socle céréalier)
- Eau de source tiède — ce qu'il faut pour lier (liant)
- Huile d'olive — un trait (liant et parfum)
- Sel marin — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Farine d'orge (de préférence grillée à sec à la poêle) — 200 g (socle céréalier)
- Eau tiède — 100 à 120 ml (liant)
- Huile d'olive vierge — 2 c. à soupe (liant et parfum)
- Sel — 1/2 c. à café (assaisonnement)
Préparation
- Faire griller la farine d'orge à sec dans une poêle, à feu moyen, 3 à 4 minutes en remuant, jusqu'à une odeur de noisette (étape qui imite l'alphita antique).
- Mélanger la farine grillée avec le sel, puis incorporer l'huile et l'eau tiède petit à petit jusqu'à obtenir une pâte ferme et malléable.
- Façonner deux galettes épaisses d'environ un centimètre.
- Cuire sur une pierre chaude, une plancha ou une poêle sèche très chaude, 3 à 4 minutes par face, jusqu'à ce que des taches dorées apparaissent.
- Frotter la galette chaude d'un peu d'huile d'olive et servir aussitôt, avec des olives et du fromage frais.
Comment on faisait : La maza, faite d'orge plutôt que de blé, était l'aliment de base du peuple grec, moins coûteuse que le pain de froment (artos). On la consommait parfois crue, simplement pétrie, ou à peine saisie. Les textes d'Aristophane et les médecins hippocratiques la mentionnent constamment comme nourriture ordinaire.
Le twist contemporain : Servez-la en planche « table d'Orphée » : galettes tièdes, olives noires, fromage de brebis frais et un trait de miel — une assiette végétarienne assumée, clin d'œil au précepte orphique.
Sources : Andrew Dalby, Siren Feasts: A History of Food and Gastronomy in Greece (1996) · Corpus hippocratique, traités du régime
Orphée · Charactorium