La carte de Platon
Sitos (l'aliment-socle céréalier)

La maza, galette d'orge des philosophes

QuotidienDocumentée🧂 ☕facile40 min

Une galette épaisse et rustique d'orge grillé puis pétri à l'huile d'olive, à peine cuite, que l'on rompait à la main pour saucer les légumes ou tremper dans le vin coupé d'eau. Goût franc, légèrement amer de la céréale, adouci par l'huile.

Sitos (l'aliment-socle céréalier)

Une galette épaisse et rustique d'orge grillé puis pétri à l'huile d'olive, à peine cuite, que l'on rompait à la main pour saucer les légumes ou tremper dans le vin coupé d'eau. Goût franc, légèrement amer de la céréale, adouci par l'huile.

Approche, toi qui veux apprendre, et ne méprise pas cette humble galette. À l'Académie, nous ne dînions pas pour flatter le ventre mais pour nourrir le corps qui porte l'âme : un peu d'orge moulu, l'eau de la source, l'huile de nos oliviers, voilà de quoi penser clairement jusqu'au soir. Socrate disait qu'il faut manger pour vivre et non vivre pour manger ; rompt donc ce pain d'orge, trempe-le, et garde ta faim pour les belles idées. Celui qui réclame des sauces de Syracuse a déjà perdu la moitié de sa raison.
Platon
Ingrédients
  • Farine d'orge grillé (alphita)deux poignées généreuses (base céréalière)
  • Huile d'oliveun filet (liant et parfum)
  • Eau de sourceà pétrir (hydratation)
  • Sel marinune pincée (assaisonnement)
Comment on faisait : L'orge poussait mieux que le blé dans le sol sec de l'Attique : la maza était donc l'aliment du peuple, par opposition au pain de froment (artos) plus prestigieux. On torréfiait souvent l'orge avant de le moudre, ce qui donnait les alphita ; la galette n'était parfois même pas cuite au four mais simplement pétrie et séchée.
Sources : Platon, La République, livre II (la cité « saine ») · Andrew Dalby, Siren Feasts: A History of Food and Gastronomy in Greece (1996)

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