La carte de Vercors
Pain perdu de pain noir
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La gâterie du dimanche

Pain perdu de pain noir

FestifReconstitution🍯facile20 min
La gâterie du dimanche

Pain perdu de pain noir

Pourquoi ce plat ? Le pain noir, rationné au ticket, est trop précieux pour qu'on en perde une miette. Quand il rassit, on le ressuscite en gâterie pour le dimanche — le genre de petit luxe bricolé qui marque, dans une vie de privations comme celle de Vercors, le passage d'un jour ordinaire à un jour de fête.

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La gâterie du dimanche

Du pain noir rassis trempé dans un peu d'œuf et de lait, doré à la poêle et saupoudré de la dernière pincée de sucre. Le dessert des temps maigres, où rien ne se jette et où la moindre douceur se fête.

On ne jetait rien, surtout pas le pain, qu'on payait d'un ticket et d'une queue interminable chez le boulanger. Le dimanche, je ramassais les tranches dures de la semaine, je les laissais boire un fond d'œuf battu et le peu de lait que la crémière m'accordait, puis je les faisais dorer dans une lichette de gras. Une pincée de sucre dessus — la dernière du paquet — et voilà la fête. Mes amis prétendaient que rien, dans tout Paris, ne valait ces tranches dorées. Nous riions, et nous savions bien que c'était la faim qui les rendait si bonnes.
Vercors
Ingrédients
  • Pain noir rassisquelques tranches (base, récupération)
  • Œufun, si le ticket le permet (liant doré)
  • Laitun fond (trempage)
  • Sucreune pincée précieuse (douceur)
  • Matière grasseune lichette (cuisson)
Comment on faisait : Le pain perdu — littéralement le pain qu'on aurait 'perdu' s'il avait été jeté — est une recette anti-gaspillage très ancienne, devenue précieuse sous l'Occupation où le pain était rationné et souvent de mauvaise farine. La pincée de sucre, denrée rare, en faisait un vrai dessert de fête.

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