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Pain perdu de pain noir
Pourquoi ce plat ? Le pain noir, rationné au ticket, est trop précieux pour qu'on en perde une miette. Quand il rassit, on le ressuscite en gâterie pour le dimanche — le genre de petit luxe bricolé qui marque, dans une vie de privations comme celle de Vercors, le passage d'un jour ordinaire à un jour de fête.
Du pain noir rassis trempé dans un peu d'œuf et de lait, doré à la poêle et saupoudré de la dernière pincée de sucre. Le dessert des temps maigres, où rien ne se jette et où la moindre douceur se fête.
On ne jetait rien, surtout pas le pain, qu'on payait d'un ticket et d'une queue interminable chez le boulanger. Le dimanche, je ramassais les tranches dures de la semaine, je les laissais boire un fond d'œuf battu et le peu de lait que la crémière m'accordait, puis je les faisais dorer dans une lichette de gras. Une pincée de sucre dessus — la dernière du paquet — et voilà la fête. Mes amis prétendaient que rien, dans tout Paris, ne valait ces tranches dorées. Nous riions, et nous savions bien que c'était la faim qui les rendait si bonnes.
- •Pain noir rassis — quelques tranches (base, récupération)
- •Œuf — un, si le ticket le permet (liant doré)
- •Lait — un fond (trempage)
- •Sucre — une pincée précieuse (douceur)
- •Matière grasse — une lichette (cuisson)
Pain perdu de pain noir
Du pain noir rassis trempé dans un peu d'œuf et de lait, doré à la poêle et saupoudré de la dernière pincée de sucre. Le dessert des temps maigres, où rien ne se jette et où la moindre douceur se fête.
Pourquoi ce plat ? Le pain noir, rationné au ticket, est trop précieux pour qu'on en perde une miette. Quand il rassit, on le ressuscite en gâterie pour le dimanche — le genre de petit luxe bricolé qui marque, dans une vie de privations comme celle de Vercors, le passage d'un jour ordinaire à un jour de fête.
On ne jetait rien, surtout pas le pain, qu'on payait d'un ticket et d'une queue interminable chez le boulanger. Le dimanche, je ramassais les tranches dures de la semaine, je les laissais boire un fond d'œuf battu et le peu de lait que la crémière m'accordait, puis je les faisais dorer dans une lichette de gras. Une pincée de sucre dessus — la dernière du paquet — et voilà la fête. Mes amis prétendaient que rien, dans tout Paris, ne valait ces tranches dorées. Nous riions, et nous savions bien que c'était la faim qui les rendait si bonnes.
Ingrédients (version d’époque)
- Pain noir rassis — quelques tranches (base, récupération)
- Œuf — un, si le ticket le permet (liant doré)
- Lait — un fond (trempage)
- Sucre — une pincée précieuse (douceur)
- Matière grasse — une lichette (cuisson)
Ingrédients
- Pain de seigle ou complet rassis — 4 tranches (base)
- Œuf — 2 (liant)
- Lait — 20 cl (trempage)
- Sucre — 2 c. à soupe (douceur)
- Beurre — 20 g (cuisson dorée)
- Cannelle ou zeste (optionnel) — 1 pincée (parfum)
Préparation
- Battre les œufs avec le lait et une cuillère de sucre (et la cannelle si vous en avez).
- Y tremper chaque tranche de pain noir 1 à 2 minutes par face, le temps qu'elle s'imbibe sans se défaire.
- Faire fondre le beurre dans une poêle à feu moyen.
- Dorer les tranches 2 à 3 minutes de chaque côté jusqu'à belle couleur.
- Saupoudrer du reste de sucre et servir aussitôt, bien chaud.
Comment on faisait : Le pain perdu — littéralement le pain qu'on aurait 'perdu' s'il avait été jeté — est une recette anti-gaspillage très ancienne, devenue précieuse sous l'Occupation où le pain était rationné et souvent de mauvaise farine. La pincée de sucre, denrée rare, en faisait un vrai dessert de fête.
Le twist contemporain : Avec un pain de seigle au levain, une lichette de fleur d'oranger et un filet de miel, ce pain perdu 'des temps maigres' tient tête à n'importe quel brunch.
Vercors · Charactorium





