Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Ovide

par Charactorium · Ovide (42 av. J.-C. — 17) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de douze ans visitent une exposition sur la Rome antique. Devant une mosaïque, un vieil homme en toge leur sourit : c'est Ovide, le poète. Il s'assoit près d'eux et accepte de répondre à toutes leurs questions.

Vous aviez quel âge quand vous avez décidé de devenir poète ?

Tu sais, mon enfant, je crois que je l'ai toujours su. Je suis né à Sulmone, dans les montagnes des Abruzzes, le 20 mars 43 avant notre ère. C'était une petite ville fraîche, traversée de sources froides. Sulmo mihi patria est, j'aimais dire : « Sulmone est ma patrie. » Mon père, lui, voulait que je devienne avocat. Il m'envoya à Rome apprendre l'art de bien parler, la rhétorique. Mais imagine un garçon qui essaie d'écrire une plaidoirie sérieuse... et dont chaque phrase se met toute seule à chanter en vers ! Mon père grondait. Moi, je ne pouvais pas m'en empêcher. Les mots voulaient danser.

Mon père voulait un avocat ; les mots, eux, voulaient danser.

Vous écriviez avec quoi, quand vous étiez petit ?

Avec un stilus, un petit bâton pointu en métal ou en os. On grattait des lettres sur une tablette de cire, un cadre de bois rempli de cire molle. Quand tu te trompais, tu retournais le stylet : l'autre bout était plat, et il effaçait tout en lissant la cire. Magique, non ? Dès l'enfance, je gravais mes vers là-dessus, en cachette parfois. Plus tard, j'allai même à Athènes, en Grèce, pour finir mes études. C'est là que j'ai appris par cœur tous les vieux récits des dieux grecs. Je ne le savais pas encore, mais cette matière allait devenir, des années plus tard, mon grand œuvre.

C'est quoi, votre livre le plus célèbre ?

Les Métamorphoses, mon enfant ! Metamorphosis, c'est un mot grec qui veut dire « changement de forme ». Imagine un livre immense, quinze rouleaux, qui raconte le monde entier depuis sa création jusqu'à mon époque. Et tout y change : une jeune fille devient un arbre, un homme devient une fleur, un orgueilleux devient une pierre. J'ai rassemblé environ deux cent cinquante de ces histoires de transformation. Ça commence ainsi : In nova fert animus mutatas dicere formas corpora — « Mon esprit me pousse à parler des formes changées en corps nouveaux. » C'est ma façon de dire que rien, jamais, ne reste tout à fait pareil. Toi non plus, tu ne resteras pas l'enfant que tu es.

Rien, jamais, ne reste tout à fait pareil.

Ça vous a pris combien de temps d'écrire un livre aussi gros ?

Près de dix ans, mon enfant ! Et je n'écrivais pas tout seul dans mon coin. Le matin, dans mon bureau qu'on appelait le tablinum, je marchais de long en large et je disais mes vers à voix haute. Des esclaves très instruits, mes scribes, écrivaient sous ma dictée sur de longs rouleaux de papyrus. Plus de douze mille vers au total ! Imagine répéter une histoire si longtemps qu'elle te suit jusque dans tes rêves. Parfois je corrigeais un seul mot pendant une journée entière. Un poème, vois-tu, c'est comme un jardin : on taille, on attend, on recommence. La patience fait pousser les belles choses.

Vous avez écrit aussi sur des femmes ?

Oui, et j'en suis fier ! Dans un livre qu'on appelle les Héroïdes, j'ai imaginé des lettres écrites par les grandes femmes des vieux mythes. Pénélope qui attend son mari parti à la guerre. Didon, une reine abandonnée. Médée, trahie par celui qu'elle aimait. Tu sais, dans les histoires anciennes, ce sont presque toujours les héros qui parlent. Moi, j'ai voulu écouter le cœur des héroïnes : leur colère, leur tristesse, leur courage. J'ai écrit ces poèmes en elegia, des vers faits pour dire les sentiments. Imagine que tu lises enfin la lettre que personne n'avait jamais voulu écrire. Donner la parole à celles qu'on faisait taire, c'était déjà ma manière à moi.

J'ai voulu écouter le cœur de celles qu'on faisait taire.

C'est vrai que vous avez écrit un livre qui a fâché l'empereur ?

Hélas, oui, mon enfant. J'avais écrit l'Ars Amatoria, « L'Art d'aimer ». Le mot ars veut dire un savoir-faire, une technique. J'y expliquais, en riant un peu, comment séduire et plaire, comme si l'amour était un métier qu'on apprend. Je racontais où l'on se rencontrait à Rome : sous les portiques, pendant les grands banquets. C'était léger, malicieux. Mais l'empereur Auguste voulait que les Romains soient sérieux et bien sages. Mon petit livre joyeux l'a beaucoup déplu. Des années plus tard, il s'en est même servi comme raison officielle pour me punir. Vois-tu, un poème qui fait sourire peut parfois devenir aussi dangereux qu'une épée.

Un poème qui fait sourire peut devenir aussi dangereux qu'une épée.

C'était comment, une fête chez les Romains riches ?

Ah, le convivium ! C'était notre grand dîner du soir. On ne mangeait pas assis comme toi : on s'allongeait sur des lits autour de la table, appuyé sur un coude. Imagine une salle éclairée par des petites lampes à huile, parfumée d'herbes et de garum, cette sauce de poisson qu'on mettait partout. On buvait du vin dans des coupes, on écoutait de la musique, et surtout on récitait des poèmes. Moi, j'y présentais mes nouveaux vers à mes amis. C'était aussi là, entre deux plats, qu'on tombait amoureux ! J'en ai beaucoup parlé dans mes livres. La nuit romaine sentait le vin, l'huile chaude et la poésie.

Pourquoi l'empereur vous a envoyé si loin de chez vous ?

C'est la grande blessure de ma vie, mon enfant. En l'an 8 de notre ère, Auguste m'a banni à Tomes, une ville lointaine au bord de la mer Noire — tout à l'est, là où l'hiver est terrible. Pourquoi ? Je l'ai dit moi-même : carmen et error, « un poème et une erreur ». Le poème, c'était sans doute mon Art d'aimer. Mais l'erreur... je n'ai jamais voulu la dire. J'avais vu, ou su, quelque chose que je n'aurais pas dû. Imagine qu'on t'arrache à ta maison, à tes amis, à ta langue, du jour au lendemain, sans procès. Je n'ai jamais revu Rome. Jamais.

Un poème et une erreur : voilà ce qui m'a coûté ma patrie.

Ça se passait comment, votre vie là-bas, dans le froid ?

Très dur, mon enfant. À Rome, j'avais une belle maison avec des fresques aux murs et un jardin. À Tomes, je vivais dans une demeure modeste, sans doute en bois, battue par les vents glacés. Le pire, c'était d'être seul au milieu de gens dont je ne comprenais pas un mot ! Alors, sais-tu ce que j'ai fait ? J'ai appris leur langue, le gétique. J'ai même composé des vers pour eux. Et j'ai dû troquer ma belle toge contre le sagum, un gros manteau de laine barbare, épais et rude. Pour me consoler, j'écrivais à Rome des lettres en poèmes, les Tristia, pour qu'on ne m'oublie pas.

Si vous pouviez dire une chose à des enfants d'aujourd'hui, ce serait quoi ?

Je leur dirais : écrivez, mes enfants. Moi, on m'a tout pris — ma ville, mes amis, mon climat doux. On m'a envoyé mourir au bout du monde, et l'on a même brûlé mes vers, dit-on. Mais sais-tu pourquoi nous parlons encore ensemble, toi et moi, après tant de siècles ? Parce que des copies de mes Métamorphoses circulaient déjà chez mes amis. Les mots, eux, ont voyagé là où mon corps ne pouvait plus aller. Un empereur très puissant a voulu m'effacer. Il a échoué. Voilà ce que je sais : ce qu'on écrit avec son cœur peut traverser le temps. C'est plus fort que tous les empires.

Les mots ont voyagé là où mon corps ne pouvait plus aller.
Voir la fiche complète de Ovide

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Ovide. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.