La gamelle de bœuf-carottes réhydratée du bord
Un ragoût de bœuf aux carottes, séché ou en boîte, qu'on fait revenir à la vie dans un fond d'eau brûlante sur le réchaud à cardan. Réconfortant, salé, nourrissant : le plat qui tient un homme debout pendant un quart de nuit.
Un ragoût de bœuf aux carottes, séché ou en boîte, qu'on fait revenir à la vie dans un fond d'eau brûlante sur le réchaud à cardan. Réconfortant, salé, nourrissant : le plat qui tient un homme debout pendant un quart de nuit.
Tu sais, en mer on ne dîne pas, on se ravitaille. Je faisais chauffer un fond d'eau douce — chaque goutte est de l'or à bord — et je réveillais mon bœuf-carottes lyophilisé le temps de regarder la barre. On mange ça debout, calé contre le roof, la gamelle qui valse, et crois-moi, après douze heures de manœuvre c'est le meilleur festin du monde. L'important, ce n'est pas le goût, c'est la chaleur qui te remet d'aplomb pour repartir dans la nuit.
- •Bœuf en sachet lyophilisé (ou ragoût en conserve) — une ration (base protéinée de conservation)
- •Carottes déshydratées — une poignée (légume qui se réhydrate vite)
- •Eau douce — un fond de gamelle (réhydratation, comptée au plus juste)
- •Bouillon en cube — 1 (sel et umami)
- •Oignon séché — une pincée (aromate qui voyage bien)
La gamelle de bœuf-carottes réhydratée du bord
Un ragoût de bœuf aux carottes, séché ou en boîte, qu'on fait revenir à la vie dans un fond d'eau brûlante sur le réchaud à cardan. Réconfortant, salé, nourrissant : le plat qui tient un homme debout pendant un quart de nuit.
Why this dish? C'était l'ordinaire d'Alain Colas en solitaire sur la Transat 1972, qu'il remporta sur Pen Duick IV devenu Manureva : un plat lyophilisé ou en conserve, réveillé à l'eau douce bouillante, avalé debout entre deux coups de barre quand la mer accordait une accalmie.
Tu sais, en mer on ne dîne pas, on se ravitaille. Je faisais chauffer un fond d'eau douce — chaque goutte est de l'or à bord — et je réveillais mon bœuf-carottes lyophilisé le temps de regarder la barre. On mange ça debout, calé contre le roof, la gamelle qui valse, et crois-moi, après douze heures de manœuvre c'est le meilleur festin du monde. L'important, ce n'est pas le goût, c'est la chaleur qui te remet d'aplomb pour repartir dans la nuit.
Ingredients (period version)
- Bœuf en sachet lyophilisé (ou ragoût en conserve) — une ration (base protéinée de conservation)
- Carottes déshydratées — une poignée (légume qui se réhydrate vite)
- Eau douce — un fond de gamelle (réhydratation, comptée au plus juste)
- Bouillon en cube — 1 (sel et umami)
- Oignon séché — une pincée (aromate qui voyage bien)
Ingredients
- Bœuf à braiser (paleron, gîte) — 400 g (base protéinée)
- Carottes — 4 moyennes (légume)
- Oignon — 1 (aromate)
- Bouillon de bœuf — 50 cl (sel et umami)
- Feuille de laurier — 1 (parfum)
- Sel, poivre — selon le goût (assaisonnement)
Method
- Coupe le bœuf en gros cubes et fais-les colorer dans une cocotte avec un filet d'huile.
- Ajoute l'oignon émincé, laisse fondre, puis les carottes en rondelles.
- Mouille avec le bouillon, ajoute le laurier, sale et poivre.
- Couvre et laisse mijoter à feu doux 2 h, jusqu'à ce que la viande s'effiloche.
- Pour l'esprit du bord : sers brûlant, dans une gamelle profonde, à la cuillère, sans façon.
How it was made : Dans les années 1960-70, la course au large empruntait sa logistique aux expéditions polaires : aliments lyophilisés, conserves, eau douce rationnée. On réchauffait le tout sur un petit réchaud monté sur cardan pour qu'il reste à plat malgré la gîte. Le repas se prenait en quelques minutes, souvent debout.
The contemporary twist : Sers-le dans une gamelle émaillée bleue de marin, avec une grosse cuillère, et baptise-le « ragoût du grand large ».
Sources : Alain Colas, Cap Horn pour un homme seul, 1974
Alain Colas · Charactorium