La carte de Adrien-Marie Legendre
Bœuf à la mode pour le dîner de l'Institut
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Relevé de bouilli (deuxième service)

Bœuf à la mode pour le dîner de l'Institut

FestifDocumentée🧂 🍄moyen4 h 30
Relevé de bouilli (deuxième service)

Bœuf à la mode pour le dîner de l'Institut

Pourquoi ce plat ? Élu à l'Académie des sciences puis membre de l'Institut de France, Legendre prenait part aux dîners confraternels des savants. Le bœuf à la mode — pièce de bœuf piquée de lard, braisée au vin et aux carottes — était LE grand plat bourgeois du dimanche et des réunions, abordable mais cérémonieux, qui trônait au relevé.

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Relevé de bouilli (deuxième service)

Une pièce de bœuf lardée, braisée des heures avec un pied de veau, du vin, des carottes et un bouquet d'aromates, jusqu'à devenir fondante et nappée d'une sauce qui prend en gelée en refroidissant.

Quand mes confrères de l'Institut se rassemblaient, ce bœuf faisait honneur à la table sans ruiner personne — vertu que j'estime fort. On le pique de lardons au petit jour, on l'abandonne à son feu doux toute la matinée, et il devient si tendre qu'une cuiller le partage. J'aime que la sauce prenne en gelée le lendemain : rien ne se perd, et le froid en révèle toute la sève. Une bonne démonstration, comme un bon braisé, demande du temps et ne se brusque jamais.
— Adrien-Marie Legendre
Ingrédients
  • •Pièce de bœuf (gîte ou paleron) — une grosse pièce (viande à braiser)
  • •Lard gras — de quoi piquer (fondant et gras interne)
  • •Pied de veau — un (liant gélatineux)
  • •Vin rouge — une chopine (mouillement aromatique)
  • •Carottes — une douzaine (garniture sucrée)
  • •Oignon clouté de girofle — un (aromate)
  • •Bouquet (thym, laurier, persil) — un (parfum)
Comment on faisait : Le bœuf à la mode est attesté dès le XVIIIe siècle dans tous les livres de cuisine bourgeoise. On le braisait dans la « daubière » au coin de l'âtre. Le pied de veau apportait le collagène qui faisait prendre la gelée — un raffinement recherché à une époque sans gélatine industrielle.
Sources : Menon, La Cuisinière bourgeoise, 1746 · Marin, Les Dons de Comus, 1739

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