Bouillie de gruau aux simples
Une bouillie épaisse d'avoine et de seigle cuite longuement à l'eau, enrichie d'orties hachées et d'un peu de beurre salé. Le plat le plus humble et le plus quotidien : celui qui tient au corps avant une journée de cueillette.
Une bouillie épaisse d'avoine et de seigle cuite longuement à l'eau, enrichie d'orties hachées et d'un peu de beurre salé. Le plat le plus humble et le plus quotidien : celui qui tient au corps avant une journée de cueillette.
Approche, petit, et ne crains point mon chaudron. Avant que le coq ne s'égosille, je jette mon gruau dans l'eau de la fontaine et je le tourne, je le tourne, jusqu'à ce qu'il prenne comme la boue après l'orage. Là-dedans, une poignée d'orties que j'ai coupées de la main gauche, avant rosée tombée — elles ne piquent plus une fois bouillies, le feu leur ôte la colère. Un brin de beurre, du sel gris, et te voilà fort comme un bûcheron jusqu'à none. Mange-le chaud, car froid il devient pierre.
- •Gruau d'avoine et farine de seigle — deux poignées (céréale-socle)
- •Orties fraîches (jeunes pousses) — une bonne poignée (simple / verdure)
- •Eau de source — ce qu'il faut (cuisson)
- •Beurre salé — une noix (liant gras)
- •Sel gris — une pincée (assaisonnement)
Bouillie de gruau aux simples
Une bouillie épaisse d'avoine et de seigle cuite longuement à l'eau, enrichie d'orties hachées et d'un peu de beurre salé. Le plat le plus humble et le plus quotidien : celui qui tient au corps avant une journée de cueillette.
Pourquoi ce plat ? Présentée comme une paysanne-guérisseuse de la Bretagne légendaire, Agatha commence ses journées par la bouillie de céréales du pauvre, relevée des herbes qu'elle cueille au petit matin sur le chemin de la forêt. C'est le socle de son alimentation : nourrissant, gratuit, soignant.
Approche, petit, et ne crains point mon chaudron. Avant que le coq ne s'égosille, je jette mon gruau dans l'eau de la fontaine et je le tourne, je le tourne, jusqu'à ce qu'il prenne comme la boue après l'orage. Là-dedans, une poignée d'orties que j'ai coupées de la main gauche, avant rosée tombée — elles ne piquent plus une fois bouillies, le feu leur ôte la colère. Un brin de beurre, du sel gris, et te voilà fort comme un bûcheron jusqu'à none. Mange-le chaud, car froid il devient pierre.
Ingrédients (version d’époque)
- Gruau d'avoine et farine de seigle — deux poignées (céréale-socle)
- Orties fraîches (jeunes pousses) — une bonne poignée (simple / verdure)
- Eau de source — ce qu'il faut (cuisson)
- Beurre salé — une noix (liant gras)
- Sel gris — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Flocons d'avoine — 120 g (céréale-socle)
- Farine de seigle — 2 c. à soupe (liant rustique)
- Orties (ou à défaut épinards/jeunes feuilles) — 100 g (simple / verdure)
- Eau — 700 ml (cuisson)
- Beurre demi-sel — 20 g (liant gras)
- Sel — 1 pincée (assaisonnement)
Préparation
- Avec des gants, rincez les orties et plongez-les 1 minute dans l'eau bouillante pour ôter le piquant, puis hachez-les finement.
- Portez les 700 ml d'eau salée à frémissement, versez l'avoine et la farine de seigle en pluie.
- Tournez sans cesse à feu doux 15 à 20 minutes jusqu'à une bouillie épaisse.
- Incorporez les orties hachées et le beurre, mélangez 2 minutes encore.
- Servez brûlant dans un bol de terre.
Comment on faisait : La bouillie de céréales (avoine, seigle, orge) était le plat de base des paysans européens, mangée matin et soir, bien avant que le pain ne devienne quotidien. Les orties, gratuites et abondantes en lisière, servaient de légume-remède : riches en fer, on les disait « fortifiantes du sang ».
Le twist contemporain : Un filet d'huile de noisette et quelques orties frites en chips croustillantes au-dessus : la bouillie du pauvre prend des airs de porridge de bistronomie.
Sources : Massimo Montanari, La faim et l'abondance. Histoire de l'alimentation en Europe · Bruno Laurioux, Manger au Moyen Âge
Agatha Southeil · Charactorium