Pommes au four au miel — pétchionye iabloki
Des pommes évidées, fourrées de miel et de quelques épices douces, cuites jusqu'à devenir fondantes et parfumées. Un dessert humble, doux-acidulé, qu'on tenait pour bienfaisant et qu'on servait tiède avec le thé.
Des pommes évidées, fourrées de miel et de quelques épices douces, cuites jusqu'à devenir fondantes et parfumées. Un dessert humble, doux-acidulé, qu'on tenait pour bienfaisant et qu'on servait tiède avec le thé.
Quand le soir tombait sur Mikhaïlovskoïe et que le samovar chantait, ma niania glissait au four quelques pommes de notre verger, le cœur empli de miel. Elles en ressortaient tendres comme une confiture, fumantes et parfumées, et l'on disait qu'elles étaient bonnes pour l'estomac autant que pour l'âme. Je les mangeais à la cuillère, brûlantes, en lisant Byron près du poêle. Vois-tu, il n'est pas besoin de grand-chose pour être heureux : une pomme cuite, un peu de thé, et un vers qui vient.
- •Pommes du verger (variétés acidulées, type antonovka) — autant que de convives (base)
- •Miel — une cuillerée par pomme (douceur)
- •Cannelle ou clou de girofle — une pincée (épice douce)
- •Beurre — une noisette par pomme (moelleux)
Pommes au four au miel — pétchionye iabloki
Des pommes évidées, fourrées de miel et de quelques épices douces, cuites jusqu'à devenir fondantes et parfumées. Un dessert humble, doux-acidulé, qu'on tenait pour bienfaisant et qu'on servait tiède avec le thé.
Pourquoi ce plat ? La fiche le rappelle : en exil à la campagne, Pouchkine appréciait une cuisine simple, dont les pommes cuites. Tendre et réconfortant, ce dessert tiède clôturait les soirées d'hiver autour du samovar et passait pour un mets léger, bon pour la digestion.
Quand le soir tombait sur Mikhaïlovskoïe et que le samovar chantait, ma niania glissait au four quelques pommes de notre verger, le cœur empli de miel. Elles en ressortaient tendres comme une confiture, fumantes et parfumées, et l'on disait qu'elles étaient bonnes pour l'estomac autant que pour l'âme. Je les mangeais à la cuillère, brûlantes, en lisant Byron près du poêle. Vois-tu, il n'est pas besoin de grand-chose pour être heureux : une pomme cuite, un peu de thé, et un vers qui vient.
Ingrédients (version d’époque)
- Pommes du verger (variétés acidulées, type antonovka) — autant que de convives (base)
- Miel — une cuillerée par pomme (douceur)
- Cannelle ou clou de girofle — une pincée (épice douce)
- Beurre — une noisette par pomme (moelleux)
Ingrédients
- Pommes acidulées (boskoop, reinette) — 4 (base)
- Miel — 4 c. à café (douceur)
- Cannelle — 1 pincée par pomme (épice)
- Beurre — 20 g (moelleux)
- Noix concassées et raisins secs — 1 poignée (garniture, optionnel)
Préparation
- Évider le cœur des pommes sans percer le fond, et inciser légèrement la peau autour pour éviter qu'elles n'éclatent.
- Garnir chaque cavité de miel, d'une pincée de cannelle, d'une noisette de beurre et, si l'on veut, de noix et raisins.
- Déposer les pommes dans un plat avec un fond d'eau et enfourner à 180 °C pour 25 à 35 min, jusqu'à ce qu'elles soient fondantes.
- Arroser en fin de cuisson du sirop formé au fond du plat.
- Servir tièdes, telles quelles ou avec une cuillère de smetana, en accompagnement du thé.
Comment on faisait : La pomme cuite au four ou au poêle était un dessert de fin d'automne et d'hiver typique des campagnes russes, où l'on conservait les pommes acidulées (comme l'antonovka) à la cave. On la jugeait digeste et fortifiante, et on la donnait volontiers aux convalescents — d'où sa réputation de douceur « de santé ».
Le twist contemporain : Une boule de glace à la vanille posée sur la pomme brûlante, façon chaud-froid, modernise ce grand classique sans le trahir.
Sources : Elena Molokhovets, Подарок молодым хозяйкам, 1861 · Fiche Charactorium — habitudes alimentaires de Pouchkine en exil
Alexandre Pouchkine · Charactorium