Infusion de framboise au miel (malinovy uzvar)
Tisane brûlante de framboises (fraîches l'été, séchées l'hiver) et de feuilles de framboisier, adoucie au miel. Douce-acidulée, sudorifique, c'est le réconfort universel des grippes et des fièvres russes.
Tisane brûlante de framboises (fraîches l'été, séchées l'hiver) et de feuilles de framboisier, adoucie au miel. Douce-acidulée, sudorifique, c'est le réconfort universel des grippes et des fièvres russes.
Ici, à Taganrog, loin de ma capitale, la fièvre me tient et nul faste impérial n'y peut rien. Qu'on m'apporte donc le remède des humbles : la framboise. On verse l'eau bouillante sur les baies séchées de l'été et leurs feuilles, on couvre, on laisse l'arôme se rendre, puis le miel hors du feu. On la boit aussi chaude qu'on peut la souffrir, sous trois couvertures, pour faire venir la sueur qui chasse le mal. La couronne ne guérit pas les hommes ; la framboise et la patience, parfois.
- •Framboises séchées (récolte d'été) — une poignée (principe actif et acidité)
- •Feuilles de framboisier — quelques-unes (infusion)
- •Miel — une cuillerée (adoucissant)
- •Eau bouillante — un bol (base)
Infusion de framboise au miel (malinovy uzvar)
Tisane brûlante de framboises (fraîches l'été, séchées l'hiver) et de feuilles de framboisier, adoucie au miel. Douce-acidulée, sudorifique, c'est le réconfort universel des grippes et des fièvres russes.
Pourquoi ce plat ? Alexandre Ier mourut en novembre 1825 à Taganrog, emporté par une fièvre (sans doute le typhus) après une tournée dans le sud. La tisane de framboise au miel était le remède russe par excellence contre la fièvre — celui qu'on aurait préparé à son chevet, comme à celui de tous les malades de l'Empire.
Ici, à Taganrog, loin de ma capitale, la fièvre me tient et nul faste impérial n'y peut rien. Qu'on m'apporte donc le remède des humbles : la framboise. On verse l'eau bouillante sur les baies séchées de l'été et leurs feuilles, on couvre, on laisse l'arôme se rendre, puis le miel hors du feu. On la boit aussi chaude qu'on peut la souffrir, sous trois couvertures, pour faire venir la sueur qui chasse le mal. La couronne ne guérit pas les hommes ; la framboise et la patience, parfois.
Ingrédients (version d’époque)
- Framboises séchées (récolte d'été) — une poignée (principe actif et acidité)
- Feuilles de framboisier — quelques-unes (infusion)
- Miel — une cuillerée (adoucissant)
- Eau bouillante — un bol (base)
Ingrédients
- Framboises (fraîches ou surgelées) ou séchées — une grosse poignée (80 g) (principe actif et acidité)
- Feuilles de framboisier séchées (ou tisane) — 1 c. à soupe (infusion)
- Miel — 1-2 c. à café (adoucissant)
- Eau — 300 ml (base)
Préparation
- Écraser légèrement les framboises au fond d'une tasse ou d'une théière.
- Ajouter les feuilles de framboisier, verser l'eau frémissante (non bouillante à gros bouillons).
- Couvrir et laisser infuser 8-10 min.
- Filtrer, laisser tiédir une minute puis incorporer le miel (jamais dans l'eau bouillante).
- Boire très chaud, idéalement au lit, bien couvert.
Comment on faisait : La médecine domestique russe (et plus tard les manuels du XIXe siècle) recommandait la framboise comme sudorifique de référence contre les refroidissements et les fièvres ; on en faisait sécher et confire des réserves chaque été. Le miel, antiseptique doux, l'accompagnait toujours.
Le twist contemporain : Ajoutez une fine lamelle de gingembre et un zeste de citron pour une version « grog sans alcool » qui réchauffe les soirs d'hiver.
Sources : Tradition de la médecine domestique russe (XIXe s.) · Darra Goldstein, « Beyond the North Wind » (2020)
Alexandre Ier · Charactorium