La carte de Alhazen (Ibn al-Haytham)
Tharīd de mouton aux lentilles
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Tharīd — le plat-socle de pain trempé

Tharīd de mouton aux lentilles

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile1 h 30
Tharīd — le plat-socle de pain trempé

Tharīd de mouton aux lentilles

Pourquoi ce plat ? Le tharīd — du pain rompu noyé dans un bouillon de viande et de légumes — était le plat le plus aimé et le plus quotidien du monde musulman médiéval, célébré dès les hadiths comme la nourriture des sages et des modestes. Pour un savant comme Ibn al-Haytham, qui vécut une partie de sa vie de copies et d'enseignement, ce plat nourrissant, économique et conforme aux prescriptions halal était l'ordinaire d'une table studieuse, à Bassora comme au Caire.

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Tharīd — le plat-socle de pain trempé

Un pain de froment rompu en morceaux et imbibé d'un bouillon parfumé de mouton, de lentilles et de pois chiches, relevé d'oignon, de cumin et d'une larme de murrī. Le pain boit le jus et devient fondant : c'est à la fois la cuillère et le cœur du plat.

Sache, ô lecteur, qu'avant d'observer comment la lumière voyage en ligne droite vers l'œil, il faut nourrir le corps qui porte l'œil. À ma table, on rompt le pain de froment de la main droite, on le couche au fond de l'écuelle, et l'on verse par-dessus le bouillon de mouton où ont longuement cuit les lentilles et le pois chiche. J'y ajoute une larme de murrī, comme l'enseignent les cuisiniers de Bagdad, car elle donne au brouet une profondeur que nulle autre chose n'égale. Mange-le chaud, loue Dieu, et ton esprit sera clair pour la nuit d'étude.
Alhazen (Ibn al-Haytham)
Ingrédients
  • Pain de froment rassisquelques galettes (socle qui boit le bouillon)
  • Épaule de moutonune belle pièce (viande et gras du bouillon)
  • Lentillesune poignée généreuse (liant nourrissant)
  • Pois chiches trempésune poignée (texture et corps)
  • Oignonsdeux (base aromatique)
  • Murrī (saumure fermentée d'orge)une larme (profondeur salée, signature)
  • Cumin et coriandre moulusau goût (épices chaudes)
Comment on faisait : Le tharīd figure dans les grands livres de cuisine arabes médiévaux (comme le Kitāb al-Ṭabīkh d'al-Warrāq, Xᵉ siècle). On utilisait le pain de la veille, qui boit mieux le bouillon, et le murrī fermenté tenait lieu d'exhausteur de goût universel, à la manière du garum romain.
Sources : Kitāb al-Ṭabīkh d'Ibn Sayyār al-Warrāq (Xᵉ s.) · Nawal Nasrallah, Annals of the Caliphs' Kitchens

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