retournerArtos zymitès, le pain levé qui respire
Artos zymitès, le pain levé qui respire
Pourquoi ce plat ? Anaximène tenait l'air (pneuma) pour principe de tout : la pâte qui gonfle sous le levain est sa thèse rendue comestible — de l'air emprisonné soulevant la matière. Quel meilleur plat festif pour le philosophe qui souffla l'air dans une outre de cuir pour montrer qu'il a une force ?
Un pain de froment levé au levain sauvage, moelleux et alvéolé, réservé aux repas de fête et au symposion. Sa mie aérée illustre, par accident heureux, la cosmologie d'Anaximène.
Vois-tu ces bulles dans la pâte ? C'est l'air qui travaille, le pneuma, cette même force qui se raréfie en flamme et se condense en eau. Je laisse la levure sauvage — un peu de moût, un peu de farine — souffler la masse toute une nuit, et au matin elle a doublé sans que nul l'ait touchée. J'ai gonflé jadis une outre de cuir pour montrer aux sceptiques que l'air, qu'on ne voit pas, a pourtant une force ; ce pain le prouve à chaque bouchée. Romps-le tiède, trempe-le dans le vin coupé : c'est festin de philosophe.
- •Farine de froment (semoule fine) — un grand bol (socle)
- •Levain sauvage (zymè) issu de moût de raisin — une poignée (fermentation)
- •Eau de source — ce qu'il faut (liant)
- •Sel marin — une pincée (assaisonnement)
- •Huile d'olive — un filet (finition)
Artos zymitès, le pain levé qui respire
Un pain de froment levé au levain sauvage, moelleux et alvéolé, réservé aux repas de fête et au symposion. Sa mie aérée illustre, par accident heureux, la cosmologie d'Anaximène.
Pourquoi ce plat ? Anaximène tenait l'air (pneuma) pour principe de tout : la pâte qui gonfle sous le levain est sa thèse rendue comestible — de l'air emprisonné soulevant la matière. Quel meilleur plat festif pour le philosophe qui souffla l'air dans une outre de cuir pour montrer qu'il a une force ?
Vois-tu ces bulles dans la pâte ? C'est l'air qui travaille, le pneuma, cette même force qui se raréfie en flamme et se condense en eau. Je laisse la levure sauvage — un peu de moût, un peu de farine — souffler la masse toute une nuit, et au matin elle a doublé sans que nul l'ait touchée. J'ai gonflé jadis une outre de cuir pour montrer aux sceptiques que l'air, qu'on ne voit pas, a pourtant une force ; ce pain le prouve à chaque bouchée. Romps-le tiède, trempe-le dans le vin coupé : c'est festin de philosophe.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine de froment (semoule fine) — un grand bol (socle)
- Levain sauvage (zymè) issu de moût de raisin — une poignée (fermentation)
- Eau de source — ce qu'il faut (liant)
- Sel marin — une pincée (assaisonnement)
- Huile d'olive — un filet (finition)
Ingrédients
- Farine de blé T65 — 400 g (socle)
- Levain naturel actif — 100 g (fermentation)
- Eau tiède — 240 ml (liant)
- Sel — 8 g (assaisonnement)
- Huile d'olive — 1 c. à soupe (finition)
Préparation
- Délayer le levain dans l'eau tiède, puis incorporer la farine et le sel ; pétrir 10 minutes jusqu'à une pâte lisse et élastique.
- Couvrir et laisser lever à température ambiante 4 à 6 heures, jusqu'à ce que la pâte double — c'est l'air qui la soulève.
- Dégazer doucement, façonner une boule, puis laisser repousser 1 à 2 heures.
- Inciser le dessus, badigeonner d'un peu d'huile d'olive.
- Cuire à four très chaud (240 °C) 30 à 35 minutes, jusqu'à une croûte dorée qui sonne creux. Laisser tiédir avant de rompre.
Comment on faisait : Les Grecs levaient leur pain avec de la zymè — un levain entretenu à partir de moût de raisin ou de son fermenté — bien avant la levure de bière. Le pain blanc levé restait coûteux et associé aux occasions, alors que l'orge nourrissait l'ordinaire. La cuisson se faisait sous une cloche d'argile (klibanos) ou dans un four communautaire.
Le twist contemporain : Cuit en couronne et présenté tranché autour d'un bol d'huile au thym, baptisé « le pain du pneuma » — un clin d'œil au philosophe de l'air.
Sources : Andrew Dalby, Food in the Ancient World from A to Z, Routledge, 2003 · Aristophane, mentions du pain levé et des boulangers
Anaximène · Charactorium





