La carte de Confucius
膳 shàn (mets de chair) servi avec son 醢 hǎi, sauce fermentée appariée

Kuài au jiang : tranches fines de poisson et leur sauce fermentée

FestifDocumentée🫙 🍄 🧂moyen30 min

De très fines tranches de poisson de rivière, parées avec soin, présentées en éventail avec une sauce sombre et fermentée, salée et umami, relevée de gingembre et de ciboule. Un plat de fête où la perfection de la découpe vaut autant que la saveur.

膳 shàn (mets de chair) servi avec son 醢 hǎi, sauce fermentée appariée

De très fines tranches de poisson de rivière, parées avec soin, présentées en éventail avec une sauce sombre et fermentée, salée et umami, relevée de gingembre et de ciboule. Un plat de fête où la perfection de la découpe vaut autant que la saveur.

Vois comme la chair est tranchée : plus elle est fine, plus elle me convient. Je n'y touche point si le couteau l'a mal taillée, ni si elle m'arrive sans la sauce qui lui est due — car à chaque mets son jiang, et nul ne saurait les confondre. Approche le gingembre, dispose les morceaux avec ordre, et ne te ressers point à l'excès. Manger ainsi, dans la juste mesure et la juste forme, c'est encore honorer le rite.
Confucius
Ingrédients
  • Poisson de rivière très frais (carpe)un poisson (chair tranchée, le kuài)
  • Hǎi / jiang (sauce fermentée de céréale ou de viande)un petit bol (sauce appariée, signature)
  • Gingembre (薑)un doigt (aromate purifiant)
  • Ciboule de Chinequelques brins (aromate)
  • Vinaigre de céréaleun filet (pointe acidulée)
Comment on faisait : Le kuài — viande ou poisson cru finement tranché — fut un mets de prestige en Chine pendant deux millénaires avant de presque disparaître ; il s'apparente à l'ancêtre commun des sashimi japonais et du hoe coréen. Les jiang antiques étaient légion : pâtes fermentées de céréales (醬) ou de chair et de poisson (醢, hǎi), longuement maturées dans le sel. C'est à ce répertoire de sauces que renvoie l'exigence de Confucius.
Sources : Entretiens de Confucius (Lunyu), livre X « Xiang Dang » · Françoise Sabban, « De la main à la pâte : réflexion sur l'origine de la cuisine chinoise », L'Homme, 1993