La carte de Andrea del Verrocchio
Peposo alla fornacina (bœuf au poivre des fondeurs)
retourner
Companatico de fête (le mets de viande qui accompagne le pain les jours gras)

Peposo alla fornacina (bœuf au poivre des fondeurs)

FestifReconstitution🧂 🌶️moyen3 h 45
Companatico de fête (le mets de viande qui accompagne le pain les jours gras)

Peposo alla fornacina (bœuf au poivre des fondeurs)

Pourquoi ce plat ? Verrocchio coulait le bronze, comme la statue équestre Bartolomeo Colleoni, dans la chaleur des fours d'atelier. Or la légende toscane attribue ce ragoût aux fornacini, les ouvriers des fours à briques et à fonte : ils glissaient une marmite de bœuf et de poivre au bord de la braise et la laissaient cuire pendant qu'ils travaillaient le feu. Nul plat ne parle mieux du monde du maître fondeur.

cliquer pour retourner
Companatico de fête (le mets de viande qui accompagne le pain les jours gras)

Un ragoût de bœuf cuit des heures à feu très doux dans le vin rouge toscan, généreusement poivré et parfumé à l'ail. La viande devient fondante, la sauce profonde et poivrée. Le plat des hommes du feu, devenu mets de fête.

Écoute bien, car ce plat-là est de mon monde, celui des fours et de la braise. Pendant que je coulais le bronze, je posais une terrine de bœuf au bord de la fornace, noyée de vin de Chianti et d'une pleine main de poivre en grains — oui, du poivre sans compter, car à Florence on n'est point ladre quand on tient festin. Point ne faut surveiller : le feu couvert fait l'ouvrage tout seul, comme la cire qui s'écoule sans bruit du moule. Au soir venu, la viande se défaisait sous la cuiller, et nous trempions le pain dans ce jus noir et brûlant.
Andrea del Verrocchio
Ingrédients
  • Bœuf à braiser (joue, jarret, paleron)une belle pièce (viande principale)
  • Poivre noir en grainsune pleine main (signature épicée)
  • Ailplusieurs gousses (aromate)
  • Vin rouge toscan (sangiovese)de quoi couvrir (cuisson et acidité)
  • Selà discrétion (assaisonnement)
Comment on faisait : La cuisson longue à la braise couverte était la norme avant les fourneaux à thermostat : on profitait des feux déjà allumés pour d'autres tâches (fours à pain, fours à briques, fours de fonderie). Le poivre, importé par Venise, restait coûteux : en mettre « une pleine main » était un luxe ostentatoire, signe de fête. Le peposo est traditionnellement associé aux fornacini de l'Impruneta, près de Florence.
Sources : Tradition culinaire de l'Impruneta (peposo dell'Impruneta) · Pellegrino Artusi, La scienza in cucina e l'arte di mangiar bene (1891), pour la filiation toscane

Voir aussi