La carte de Andrei Tarkovski
Minestra (soupe-repas paysanne toscane, plat unique de l'exilé)

Zuppa de pain toscane de l'exil

VoyageÉvocation🧂 🍄facile1 h 15

Une soupe épaisse, presque un ragoût, où le pain rassis « ressuscite » (ri-bollita, « rebouillie ») dans un bouillon de légumes et de haricots, lié d'un généreux filet d'huile d'olive. Plat d'économie devenu plat d'âme, à mi-chemin entre la Russie quittée et l'Italie d'accueil.

Minestra (soupe-repas paysanne toscane, plat unique de l'exilé)

Une soupe épaisse, presque un ragoût, où le pain rassis « ressuscite » (ri-bollita, « rebouillie ») dans un bouillon de légumes et de haricots, lié d'un généreux filet d'huile d'olive. Plat d'économie devenu plat d'âme, à mi-chemin entre la Russie quittée et l'Italie d'accueil.

L'exil a ceci d'étrange : on cherche partout le goût de la maison, et parfois on le retrouve dans la cuisine d'un autre. Ici, en Toscane, les paysans font une soupe de leur pain de la veille, qu'ils font rebouillir avec les légumes et les haricots du jardin. C'est pauvre, c'est lent, c'est sans façon — et pourtant cela m'a parlé comme une langue maternelle. Le pain qui ressuscite dans le bouillon, l'huile verte qu'on verse en fin, le silence autour de la table : j'y ai reconnu, loin de la Russie, la même nostalgie nourrie d'un rien.
Andrei Tarkovski
Ingrédients
  • Pain toscan rassisplusieurs tranches (épaississant et cœur du plat)
  • Haricots cannelliniune bonne poignée (protéine et liant)
  • Chou noir (cavolo nero)un bouquet (légume signature)
  • Oignon, carotte, célerià la main (base aromatique (soffritto))
  • Huile d'olivegénéreusement (liaison et finition)
Comment on faisait : La ribollita naît de l'économie paysanne toscane : on ne jetait pas le pain rassis, on le faisait « rebouillir » le lendemain avec les restes de soupe de légumes et de haricots. Plat du pauvre par excellence, sans viande, il se mange traditionnellement réchauffé, ce qui développe ses saveurs. Le cavolo nero (chou noir toscan) en est l'ingrédient signature.