La carte de Alain Bombard
Ce qu'on emporte (ration de survie du naufragé)

La ration de l'Hérétique

VoyageDocumentée🧂 🍄moyen20 min (+ congélation de sécurité)

Non pas un plat, mais une leçon de survie devenue tartare : de la chair de poisson cru ultra-frais, détaillée au couteau, dont on garde précieusement le jus pressé pour boire. Salin, iodé, brut — la table du naufragé qui refuse de mourir.

Ce qu'on emporte (ration de survie du naufragé)

Non pas un plat, mais une leçon de survie devenue tartare : de la chair de poisson cru ultra-frais, détaillée au couteau, dont on garde précieusement le jus pressé pour boire. Salin, iodé, brut — la table du naufragé qui refuse de mourir.

Comprenez bien ce que je vais vous dire : un naufragé ne meurt pas de faim, il meurt d'épouvante. Moi, sur mon canot, je n'avais ni eau douce ni biscuit — rien que le harpon et mes deux mains. Je prenais le poisson, je le tranchais vivant, et surtout je pressais sa chair entre mes paumes pour en tirer ce jus clair qui m'a tenu en vie ; voilà mon eau, voilà mon pain. N'allez jamais croire la mer plus forte que la volonté de l'homme.
Alain Bombard
Ingrédients
  • Poisson de haute mer cru (dorade coryphène, poisson volant)la prise du jour (chair et liquide vital)
  • Plancton récolté au filetquelques cuillerées (appoint nutritif)
  • Eau de pluie recueillieselon les averses (boisson)
Comment on faisait : Au large, Bombard ne disposait d'aucune cuisson : il harponnait le poisson, le mangeait cru et pressait sa chair (au torchon ou à la main) pour en extraire un liquide bu en complément de l'eau de pluie et de courtes prises d'eau de mer — ce dernier point très contesté par les médecins. Le plancton, récolté au filet fin, lui apportait un appoint de vitamines.
Sources : Alain Bombard, Naufragé volontaire, Éditions de Paris, 1953

Voir aussi