Esqueixada de bacallà (morue salée effilochée à l'huile)
De la morue dessalée, déchirée à la main (esqueixar = effilocher), mêlée d'oignon doux, de tomate, d'olives noires et d'un filet d'huile et de vinaigre. Un plat froid, vif et salin, où la mer se conserve dans le sel et se réveille dans l'acidité.
De la morue dessalée, déchirée à la main (esqueixar = effilocher), mêlée d'oignon doux, de tomate, d'olives noires et d'un filet d'huile et de vinaigre. Un plat froid, vif et salin, où la mer se conserve dans le sel et se réveille dans l'acidité.
Chez nous, à Reus, la mer arrivait dans un baril de sel : le bacallà tenait tout l'hiver sans jamais tourner, c'était notre poisson de pauvre et de bon chrétien. On le faisait tremper trois jours en changeant l'eau, puis on l'effilochait à la main, jamais au couteau — il faut sentir la chair sous les doigts, comme on sent la pierre avant de la tailler. Un peu d'oli, une goutte de vinagre, l'oignon de l'année : voilà un repas de vigília qui ne pèse pas sur l'âme.
- •Morue salée (bacallà) — un beau morceau dessalé (base protéinée conservée)
- •Oignon doux — un, émincé fin (mordant frais)
- •Tomate mûre — une, coupée (acidité et fraîcheur)
- •Olives noires (arbequines ou de Aragon) — une poignée (note salée et amère)
- •Huile d'olive vierge — un filet (liant, signature)
- •Vinaigre de vin — quelques gouttes (acidité)
Esqueixada de bacallà (morue salée effilochée à l'huile)
De la morue dessalée, déchirée à la main (esqueixar = effilocher), mêlée d'oignon doux, de tomate, d'olives noires et d'un filet d'huile et de vinaigre. Un plat froid, vif et salin, où la mer se conserve dans le sel et se réveille dans l'acidité.
Pourquoi ce plat ? Gaudí naît à Reus, en pays catalan, où la morue salée venue du nord est le poisson des terres intérieures, celui qui se conserve sans glace et qui nourrit les jours maigres du calendrier chrétien. C'est le plat de Carême par excellence d'un homme dont la foi rythmait l'assiette.
Chez nous, à Reus, la mer arrivait dans un baril de sel : le bacallà tenait tout l'hiver sans jamais tourner, c'était notre poisson de pauvre et de bon chrétien. On le faisait tremper trois jours en changeant l'eau, puis on l'effilochait à la main, jamais au couteau — il faut sentir la chair sous les doigts, comme on sent la pierre avant de la tailler. Un peu d'oli, une goutte de vinagre, l'oignon de l'année : voilà un repas de vigília qui ne pèse pas sur l'âme.
Ingrédients (version d’époque)
- Morue salée (bacallà) — un beau morceau dessalé (base protéinée conservée)
- Oignon doux — un, émincé fin (mordant frais)
- Tomate mûre — une, coupée (acidité et fraîcheur)
- Olives noires (arbequines ou de Aragon) — une poignée (note salée et amère)
- Huile d'olive vierge — un filet (liant, signature)
- Vinaigre de vin — quelques gouttes (acidité)
Ingrédients
- Morue salée (filet épais) — 300 g (base, à dessaler)
- Oignon doux — 1 petit (fraîcheur)
- Tomates mûres — 2 (acidité)
- Olives noires dénoyautées — 60 g (salinité)
- Huile d'olive vierge extra — 4 c. à soupe (signature)
- Vinaigre de Xérès — 1 c. à café (acidité)
- Poivron rouge (facultatif) — 1/2, en lanières (couleur et douceur)
Préparation
- Dessaler la morue 36 à 48 h au réfrigérateur dans un grand volume d'eau froide, en changeant l'eau 3 à 4 fois.
- Égoutter, sécher, retirer peau et arêtes, puis effilocher la chair à la main en lambeaux irréguliers.
- Émincer finement l'oignon, couper les tomates en petits dés, ouvrir les olives.
- Mélanger délicatement morue, oignon, tomate, olives (et poivron) dans un saladier.
- Assaisonner d'huile d'olive et de vinaigre, mélanger, et laisser reposer 30 min au frais avant de servir.
Comment on faisait : Sans réfrigération, la morue salée fut pendant des siècles le seul poisson disponible loin des côtes. On la conservait en barils de sel et on la dessalait par longs trempages. L'esqueixada, servie froide et crue, était idéale pour les chaleurs et respectait les jours maigres imposés par l'Église.
Le twist contemporain : Servie en verrines avec une fine gelée de tomate et un croûton à l'ail, l'esqueixada prend des airs de mosaïque — un clin d'œil au trencadís, ces éclats de céramique brisée que Gaudí assemblait sur ses façades.
Antoni Gaudí · Charactorium

