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Marrons grillés du trottoir
Pourquoi ce plat ? Désargenté et affamé pendant ses errances parisiennes au Quartier latin, le jeune Rimbaud, semelles de vent aux pieds, trouvait dans les marrons chauds vendus au coin des rues un en-cas chaud à quelques sous.
Des châtaignes incisées et grillées sur la braise, vendues brûlantes dans un cornet de papier. On les pèle des doigts pour les manger en marchant : chaleur, douceur et réconfort du pauvre par temps froid.
L'hiver, à Paris, je n'avais pour tout palais que le coin d'une rue et, pour tout festin, un cornet de marrons brûlants payé de mes derniers sous. On les fait sauter sur la braise, la peau craque, et tu te brûles les doigts à les peler — mais qu'importe, ça réchauffe l'estomac creux du marcheur. Souffle dessus, l'ami, et avale-les chauds : c'est le seul luxe qui se mendie sans honte.
- •Châtaignes — un cornet (en-cas)
- •Braise — un réchaud (cuisson de rue)
Marrons grillés du trottoir
Des châtaignes incisées et grillées sur la braise, vendues brûlantes dans un cornet de papier. On les pèle des doigts pour les manger en marchant : chaleur, douceur et réconfort du pauvre par temps froid.
Pourquoi ce plat ? Désargenté et affamé pendant ses errances parisiennes au Quartier latin, le jeune Rimbaud, semelles de vent aux pieds, trouvait dans les marrons chauds vendus au coin des rues un en-cas chaud à quelques sous.
L'hiver, à Paris, je n'avais pour tout palais que le coin d'une rue et, pour tout festin, un cornet de marrons brûlants payé de mes derniers sous. On les fait sauter sur la braise, la peau craque, et tu te brûles les doigts à les peler — mais qu'importe, ça réchauffe l'estomac creux du marcheur. Souffle dessus, l'ami, et avale-les chauds : c'est le seul luxe qui se mendie sans honte.
Ingrédients (version d’époque)
- Châtaignes — un cornet (en-cas)
- Braise — un réchaud (cuisson de rue)
Ingrédients
- Châtaignes fraîches — 500 g (en-cas)
- Sel — 1 pincée (relève la douceur)
Préparation
- Inciser chaque châtaigne d'une croix sur la face bombée (sinon elles éclatent).
- Les tremper 15 min dans l'eau pour qu'elles ne dessèchent pas.
- Les griller à la poêle trouée, au four à 220 °C ou sur la braise 20–25 min en remuant, jusqu'à ce que la peau s'ouvre.
- Les envelopper quelques minutes dans un linge pour les attendrir.
- Peler et déguster brûlant, avec une pincée de sel.
Comment on faisait : Les marchands de marrons chauds étaient une institution des hivers parisiens du XIXe siècle, installés avec leur brasero au coin des rues passantes. C'était la nourriture de rue des humbles, des étudiants et des errants — chaude, nourrissante et bon marché.
Le twist contemporain : Servis dans un cornet de papier kraft avec une pointe de fleur de sel, façon « street food » d'hiver assumée.
Arthur Rimbaud · Charactorium





