La carte de Arundhati Roy
Repas-socle du matin (pra-tal, le « premier riz »)

Kanji et thoran de chou à la noix de coco

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile1 h

Un riz rouge complet cuit longuement dans beaucoup d'eau jusqu'à devenir une bouillie nourrissante, servie tiède avec son eau de cuisson légèrement fermentée, accompagné d'un thoran : un sauté de chou finement émincé et de noix de coco râpée, parfumé aux graines de moutarde et aux feuilles de curry.

Repas-socle du matin (pra-tal, le « premier riz »)

Un riz rouge complet cuit longuement dans beaucoup d'eau jusqu'à devenir une bouillie nourrissante, servie tiède avec son eau de cuisson légèrement fermentée, accompagné d'un thoran : un sauté de chou finement émincé et de noix de coco râpée, parfumé aux graines de moutarde et aux feuilles de curry.

Chez nous, à Ayemenem, le kanji n'a jamais eu besoin d'être expliqué : c'est le bol qu'on te tend quand il pleut sur la rivière Meenachal et que la mousson colle à la peau. Tu prends le riz rouge — pas le riz blanc poli des villes, celui qui garde sa robe — et tu le laisses s'épuiser dans l'eau jusqu'à ce qu'il s'ouvre. Tu manges avec les doigts, le thoran à côté, et tu comprends que les choses les plus petites sont celles qui te tiennent debout. Je te le dis comme on me l'a appris : ne jette pas l'eau de cuisson, elle est la moitié du repas.
Arundhati Roy
Ingrédients
  • Riz rouge matta du Keralaun grand bol (céréale-socle)
  • Eau de sourceen abondance (cuisson longue)
  • Chou vert fraisune demi-tête (légume du thoran)
  • Noix de coco fraîche râpéeune poignée généreuse (liant et signature)
  • Graines de moutarde noireune pincée (tempérage)
  • Feuilles de curryune branche (parfum)
  • Curcuma fraisun petit morceau (couleur et amertume douce)
  • Huile de cocoun filet (matière grasse)
  • Sel marinselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Le riz rouge matta, cultivé dans la région de Palakkad et le Kerala central, était bien moins coûteux que le riz blanc poli et restait l'aliment de base des familles rurales. Le kanji se mangeait à même le bol, l'eau de cuisson (kanji vellam) bue séparément ou versée sur le riz — rien ne se perdait. Le thoran « sec » à la noix de coco accompagnait presque chaque repas.
Sources : K. M. Mathew, Flavours of the Spice Coast (Kerala cuisine) · Arundhati Roy, Le Dieu des Petits Riens (cadre d'Ayemenem, Kerala)