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Tharīd à l'agneau et au murrī
Pourquoi ce plat ? Le tharīd — pain rassis imbibé de bouillon de viande — est le plat le plus ordinaire et le plus aimé du monde islamique médiéval, mangé chaque jour de Cordoue à Bagdad. Averroès, homme de mesure et fils d'une lignée de juges, partageait à sa table ce mets simple où le pain de froment, base de toute alimentation andalouse, tient le premier rôle.
Un bouillon d'agneau aux épices versé sur du pain rompu en morceaux, qui s'imbibe et devient fondant. Le murrī fermenté lui donne une rondeur salée presque umami, le safran une couleur dorée.
Sache, ami lecteur, que de tous les mets le tharīd est celui que ma maison préférait, car il nourrit le corps sans l'alourdir, et la raison l'approuve autant que le palais. Nous rompions le pain de froment de la veille au fond du plat, puis versions par-dessus le bouillon d'agneau où avaient mijoté la coriandre, le cumin et une cuillerée de murrī ; le pain buvait le suc jusqu'à devenir tendre comme la chair. Prends-le chaud, modérément, ainsi que le veut la juste tempérance des humeurs — car la santé, comme la pensée, naît de l'équilibre.
- •Épaule d'agneau — un bon morceau (viande de base)
- •Pain de froment rassis — plusieurs galettes (socle qui s'imbibe)
- •Murrī (condiment fermenté) — une cuillerée (profondeur salée-fermentée)
- •Coriandre fraîche et graines de coriandre — une poignée (parfum)
- •Cumin — une pincée (épice)
- •Safran — quelques filaments (couleur et arôme)
- •Huile d'olive — un filet (matière grasse)
- •Oignon — un (fond de bouillon)
Tharīd à l'agneau et au murrī
Un bouillon d'agneau aux épices versé sur du pain rompu en morceaux, qui s'imbibe et devient fondant. Le murrī fermenté lui donne une rondeur salée presque umami, le safran une couleur dorée.
Pourquoi ce plat ? Le tharīd — pain rassis imbibé de bouillon de viande — est le plat le plus ordinaire et le plus aimé du monde islamique médiéval, mangé chaque jour de Cordoue à Bagdad. Averroès, homme de mesure et fils d'une lignée de juges, partageait à sa table ce mets simple où le pain de froment, base de toute alimentation andalouse, tient le premier rôle.
Sache, ami lecteur, que de tous les mets le tharīd est celui que ma maison préférait, car il nourrit le corps sans l'alourdir, et la raison l'approuve autant que le palais. Nous rompions le pain de froment de la veille au fond du plat, puis versions par-dessus le bouillon d'agneau où avaient mijoté la coriandre, le cumin et une cuillerée de murrī ; le pain buvait le suc jusqu'à devenir tendre comme la chair. Prends-le chaud, modérément, ainsi que le veut la juste tempérance des humeurs — car la santé, comme la pensée, naît de l'équilibre.
Ingrédients (version d’époque)
- Épaule d'agneau — un bon morceau (viande de base)
- Pain de froment rassis — plusieurs galettes (socle qui s'imbibe)
- Murrī (condiment fermenté) — une cuillerée (profondeur salée-fermentée)
- Coriandre fraîche et graines de coriandre — une poignée (parfum)
- Cumin — une pincée (épice)
- Safran — quelques filaments (couleur et arôme)
- Huile d'olive — un filet (matière grasse)
- Oignon — un (fond de bouillon)
Ingrédients
- Épaule d'agneau désossée — 600 g en gros cubes (viande de base)
- Pain de campagne rassis — 4 tranches épaisses (socle qui s'imbibe)
- Sauce soja claire ou pâte de miso (à défaut de murrī) — 2 c. à café (substitut fermenté salé)
- Coriandre fraîche — 1 petit bouquet (parfum)
- Graines de coriandre + cumin moulus — 1 c. à café chacun (épices)
- Safran — 1 pincée infusée dans un peu d'eau chaude (couleur et arôme)
- Huile d'olive — 3 c. à soupe (matière grasse)
- Oignon — 1 gros, émincé (fond de bouillon)
- Eau ou bouillon — 1,2 L (liquide de cuisson)
Préparation
- Faire revenir l'agneau dans l'huile d'olive avec l'oignon émincé jusqu'à coloration.
- Ajouter cumin, coriandre moulue, le safran infusé et le substitut fermenté (soja/miso), puis couvrir d'eau ou de bouillon.
- Laisser mijoter à feu doux 1 h 30 jusqu'à ce que la viande soit fondante et le bouillon parfumé.
- Disposer le pain rassis rompu en morceaux au fond d'un grand plat creux.
- Verser le bouillon brûlant et la viande par-dessus, laisser le pain s'imbiber 2 minutes.
- Parsemer de coriandre fraîche ciselée et servir aussitôt, bien chaud.
Comment on faisait : Le tharīd était si estimé qu'un hadith célèbre le place au-dessus des autres mets. En Al-Andalus, on le préparait avec le murrī, condiment fermenté d'orge et de sel omniprésent dans les cuisines, dont la fonction rappelle nos sauces fermentées modernes. On mangeait avec la main droite, en pinçant le pain imbibé.
Le twist contemporain : Servir en cassolette individuelle, pain toasté au four à la place du rassis, et une dernière râpe de zeste d'orange amère pour rappeler les jardins de Cordoue.
Sources : Kitāb al-ṭabīkh fī al-Maghrib wa al-Andalus (recueil anonyme almohade, XIIIe s.) · Lucie Bolens, La cuisine andalouse, un art de vivre (XIe–XIIIe siècle)
Averroès · Charactorium





