Bastimento de nao (provision de navire pour la traversée des Indes)
Bizcocho de mar — la galette du voyageur de l'Atlantique
VoyageDocumentée🧂facile3 h (dont séchage au four)
Une galette dure de farine, d'eau et de sel, cuite puis re-séchée au four jusqu'à devenir presque imputrescible. On la trempe dans l'eau, le bouillon ou le vin pour la ramollir. C'est le pain des longues mers.
Pourquoi ce plat ? Las Casas a traversé l'Atlantique de nombreuses fois entre l'Espagne et les Indes pour plaider la cause des Amérindiens. À bord, le pain frais n'existe pas : on mange le bizcocho, biscuit de mer cuit deux fois pour qu'il se garde des mois durant la traversée.
Quand on s'embarque pour les Indes, oubliez le pain tendre du matin : il n'y en a point sur la mer. On emporte le bizcocho, cuit deux fois pour qu'il ne moisisse, dur comme pierre. Il faut le tremper dans le bouillon ou un doigt de vin pour qu'il consente à se laisser mordre. Durant deux mois de houle, c'est lui qui m'a tenu en vie tandis que je méditais le sort des Indiens vers qui je voguais. Pain pauvre, mais pain fidèle.
Ingrédients
- •Farine de froment — une bonne mesure (base)
- •Eau — ce qu'il faut pour une pâte ferme (liant)
- •Sel — généreux (conservation) (assaisonnement et conservation)
Comment on faisait : Le bizcocho (du latin bis coctus, « cuit deux fois ») était la ration de base des marins espagnols et portugais. Préparé dans des fours de port comme ceux de Séville, point de départ des flottes des Indes, il pouvait se conserver des mois — au prix d'une dureté redoutable et, parfois, des charançons.