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Brouet de campagne au lard et aux pois
Pourquoi ce plat ? Compagnon d'armes d'Henri de Navarre, Agrippa a passé sa jeunesse aux marches, aux sièges et aux escarmouches des guerres de Religion. Loin des belles tables, le soldat huguenot se nourrissait de ce brouet épais, vite cuit sur le feu du bivouac, qui tenait au corps jusqu'à la prochaine étape.
Une soupe rustique de pois secs et de lard, épaissie de pain rassis, comme on en avalait au campement. Nourrissante, économe, elle se prépare avec ce qu'on emporte dans le bissac.
Or çà, lecteur, ne crois pas que la guerre se fasse le ventre vide : ce brouet-là m'a tenu debout par maint hiver de siège, quand le pain manquait et que le froid mordait. On jetait les pois dans la marmite avec un quartier de lard, un oignon, et l'on trempait par-dessus le pain dur de la veille. Cela n'a point la mine des potages de cour, mais par ma foy il réchauffe l'homme mieux qu'un sermon, et l'on combat plus vaillamment le ventre garni.
- •Pois secs — deux poignées (base nourrissante)
- •Lard salé — un bon morceau (gras et sel)
- •Oignon — un (aromate)
- •Pain rassis — quelques tranches (liant)
- •Eau de source — à couvrir (cuisson)
Brouet de campagne au lard et aux pois
Une soupe rustique de pois secs et de lard, épaissie de pain rassis, comme on en avalait au campement. Nourrissante, économe, elle se prépare avec ce qu'on emporte dans le bissac.
Pourquoi ce plat ? Compagnon d'armes d'Henri de Navarre, Agrippa a passé sa jeunesse aux marches, aux sièges et aux escarmouches des guerres de Religion. Loin des belles tables, le soldat huguenot se nourrissait de ce brouet épais, vite cuit sur le feu du bivouac, qui tenait au corps jusqu'à la prochaine étape.
Or çà, lecteur, ne crois pas que la guerre se fasse le ventre vide : ce brouet-là m'a tenu debout par maint hiver de siège, quand le pain manquait et que le froid mordait. On jetait les pois dans la marmite avec un quartier de lard, un oignon, et l'on trempait par-dessus le pain dur de la veille. Cela n'a point la mine des potages de cour, mais par ma foy il réchauffe l'homme mieux qu'un sermon, et l'on combat plus vaillamment le ventre garni.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois secs — deux poignées (base nourrissante)
- Lard salé — un bon morceau (gras et sel)
- Oignon — un (aromate)
- Pain rassis — quelques tranches (liant)
- Eau de source — à couvrir (cuisson)
Ingrédients
- Pois cassés — 250 g (base nourrissante)
- Lard fumé ou poitrine salée — 150 g (gras et sel)
- Oignon — 1 gros (aromate)
- Pain de campagne rassis — 3 tranches (liant)
- Eau — 1,2 L (cuisson)
- Sel et poivre — selon goût (assaisonnement)
Préparation
- Faire tremper les pois cassés 1 heure si possible, puis les égoutter.
- Détailler le lard en lardons et le faire colorer dans la marmite avec l'oignon émincé.
- Ajouter les pois et l'eau, porter à frémissement et laisser cuire 45 min à couvert jusqu'à ce que les pois se défassent.
- Émietter le pain rassis dans la soupe pour l'épaissir, mélanger et poursuivre 10 min.
- Rectifier en sel et poivre, servir brûlant dans une écuelle.
Comment on faisait : Les armées des guerres de Religion vivaient de légumineuses séchées (pois, fèves, lentilles) faciles à transporter, de lard salé et de pain dur. Le brouet — pain trempé dans un bouillon — était l'ordinaire du peuple comme du soldat depuis le Moyen Âge.
Le twist contemporain : Un filet d'huile de noix et quelques croûtons dorés transforment ce brouet de bivouac en velouté réconfortant de table d'hôte.
Agrippa d'Aubigné · Charactorium





