Porridge d'avoine du petit matin
Une bouillie d'avoine cuite lentement dans l'eau ou un mélange d'eau et de lait, salée à la mode écossaise puis nappée d'un filet de miel. Le déjeuner le plus humble et le plus répandu des îles Britanniques au XVIIIe siècle.
Une bouillie d'avoine cuite lentement dans l'eau ou un mélange d'eau et de lait, salée à la mode écossaise puis nappée d'un filet de miel. Le déjeuner le plus humble et le plus répandu des îles Britanniques au XVIIIe siècle.
Voyez-vous, je ne fus jamais femme à m'attarder aux plaisirs de la table : mon frère William m'avait appris que chaque heure perdue était une comète manquée. Au point du jour, avant que les calculs ne me réclament, je faisais épaissir l'avoine dans l'eau frémissante, en tournant sans relâche du même bras qui polissait nos miroirs. Une pincée de sel, un peu de miel des ruches du voisinage, et me voilà soutenue jusqu'à midi. C'était peu, mais le ciel, lui, ne se nourrit pas et nous demande pourtant toute notre vigueur.
- •Gruau d'avoine (flocons grossiers) — une bonne poignée par personne (base nourrissante)
- •Eau de puits — trois fois le volume d'avoine (cuisson)
- •Lait — un filet, selon ce qu'on avait (onctuosité)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
- •Miel — au goût (douceur)
Porridge d'avoine du petit matin
Une bouillie d'avoine cuite lentement dans l'eau ou un mélange d'eau et de lait, salée à la mode écossaise puis nappée d'un filet de miel. Le déjeuner le plus humble et le plus répandu des îles Britanniques au XVIIIe siècle.
Pourquoi ce plat ? La fiche d'ancrage de Caroline mentionne explicitement le porridge du matin. Frugale par nécessité comme par tempérament, elle commençait ses journées par cette bouillie d'avoine bon marché et nourrissante, qui tenait au corps jusqu'au dinner de midi.
Voyez-vous, je ne fus jamais femme à m'attarder aux plaisirs de la table : mon frère William m'avait appris que chaque heure perdue était une comète manquée. Au point du jour, avant que les calculs ne me réclament, je faisais épaissir l'avoine dans l'eau frémissante, en tournant sans relâche du même bras qui polissait nos miroirs. Une pincée de sel, un peu de miel des ruches du voisinage, et me voilà soutenue jusqu'à midi. C'était peu, mais le ciel, lui, ne se nourrit pas et nous demande pourtant toute notre vigueur.
Ingrédients (version d’époque)
- Gruau d'avoine (flocons grossiers) — une bonne poignée par personne (base nourrissante)
- Eau de puits — trois fois le volume d'avoine (cuisson)
- Lait — un filet, selon ce qu'on avait (onctuosité)
- Sel — une pincée (assaisonnement)
- Miel — au goût (douceur)
Ingrédients
- Flocons d'avoine (de préférence épais) — 80 g (base)
- Eau — 250 ml (cuisson)
- Lait — 100 ml (onctuosité)
- Sel — 1 pincée (assaisonnement)
- Miel — 1 cuillère à café (douceur)
Préparation
- Porter l'eau à frémissement dans une casserole et verser l'avoine en pluie.
- Cuire à feu doux 10 à 15 minutes en remuant régulièrement avec une cuillère en bois, jusqu'à obtenir une bouillie crémeuse.
- Ajouter le lait et une pincée de sel en fin de cuisson, mélanger.
- Verser dans un bol, napper d'un filet de miel et servir brûlant.
Comment on faisait : Au XVIIIe siècle, on faisait souvent tremper l'avoine la veille et on la cuisait longuement sur le coin du fourneau. En Écosse on la voulait salée et sans sucre ; en Angleterre on tolérait le miel ou la mélasse. La cuillère se tenait toujours de la même main, par superstition.
Le twist contemporain : Une larme de crème et quelques raisins de Corinthe tiédis transforment cette austère bouillie en réconfort d'observatoire — à déguster, pourquoi pas, en regardant les étoiles par la fenêtre.
Caroline Herschel · Charactorium