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La panade au lait
Pourquoi ce plat ? Rousseau, qui se nourrissait simplement et chérissait les laitages plus que toute viande, prenait volontiers ces soupes de pain et de lait, plat des humbles qu'il opposait aux excès de la table des riches.
Une bouillie réconfortante de pain rassis fondu dans du lait chaud, à peine enrichie de beurre et d'un soupçon de miel. Le déjeuner le plus humble qui soit, qui ne demande qu'une croûte de pain et une jatte de lait.
Qu'on me laisse ma jatte de lait et mon quignon de pain : j'y trouve plus de contentement que les grands dans leurs ragoûts savants. Voyez comme la chose est simple : je rompais le pain rassis dans le lait que la fermière venait de tirer, je laissais le tout s'amollir sur la braise, et un peu de beurre frais suffisait à le rendre exquis. Croyez-moi, le palais que la nature n'a point gâté préfère cette nourriture innocente à toutes les sauces des financiers. J'ai mangé cela aux Charmettes avec un appétit que les riches m'eussent envié.
- •Pain bis rassis — quelques tranches (socle)
- •Lait entier des champs — une bonne jatte (liquide nourricier)
- •Beurre frais — une noix (richesse)
- •Miel — un filet (douceur)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
La panade au lait
Une bouillie réconfortante de pain rassis fondu dans du lait chaud, à peine enrichie de beurre et d'un soupçon de miel. Le déjeuner le plus humble qui soit, qui ne demande qu'une croûte de pain et une jatte de lait.
Pourquoi ce plat ? Rousseau, qui se nourrissait simplement et chérissait les laitages plus que toute viande, prenait volontiers ces soupes de pain et de lait, plat des humbles qu'il opposait aux excès de la table des riches.
Qu'on me laisse ma jatte de lait et mon quignon de pain : j'y trouve plus de contentement que les grands dans leurs ragoûts savants. Voyez comme la chose est simple : je rompais le pain rassis dans le lait que la fermière venait de tirer, je laissais le tout s'amollir sur la braise, et un peu de beurre frais suffisait à le rendre exquis. Croyez-moi, le palais que la nature n'a point gâté préfère cette nourriture innocente à toutes les sauces des financiers. J'ai mangé cela aux Charmettes avec un appétit que les riches m'eussent envié.
Ingrédients (version d’époque)
- Pain bis rassis — quelques tranches (socle)
- Lait entier des champs — une bonne jatte (liquide nourricier)
- Beurre frais — une noix (richesse)
- Miel — un filet (douceur)
- Sel — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Pain de campagne rassis — 150 g (socle)
- Lait entier — 50 cl (liquide nourricier)
- Beurre — 20 g (richesse)
- Miel — 1 cuillère à café (douceur)
- Sel — 1 pincée (assaisonnement)
Préparation
- Émiettez le pain rassis dans une casserole.
- Versez le lait par-dessus et laissez tremper 5 minutes.
- Chauffez doucement en remuant jusqu'à obtenir une bouillie lisse et fumante.
- Hors du feu, incorporez le beurre, une pincée de sel et un filet de miel.
- Servez aussitôt dans un bol, bien chaud.
Comment on faisait : La panade — pain bouilli dans du lait ou de l'eau — était le déjeuner de base des campagnes alpines et du peuple des villes au XVIIIe siècle. On la faisait à l'eau chez les plus pauvres, au lait et au beurre quand on le pouvait. C'était une manière d'utiliser le pain rassis sans rien gaspiller.
Le twist contemporain : Une râpée de zeste de citron et quelques amandes effilées grillées transforment cette humble panade en porridge des Lumières.
Sources : Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions (1782-1789)
Jean-Jacques Rousseau · Charactorium





