Décoction de santé (remède du jardin)
La tisane de sauge et de livèche du potager impérial
RemèdeÉvocation☕facile10 min
Une décoction chaude de sauge et de livèche, herbes médicinales du jardin impérial, adoucie d'un peu de miel — le remède doux que préférait un empereur méfiant envers ses médecins.
Pourquoi ce plat ? Éginhard raconte que Charles, vieillissant, supportait mal les régimes et les jeûnes que lui imposaient ses médecins. Mais il aimait son jardin : le Capitulaire de villis liste sauge et livèche parmi les plantes médicinales qu'il ordonna de cultiver. Cette tisane est le compromis entre le roi rétif aux médecins et l'herboristerie qu'il finançait lui-même.
Mes médecins voudraient me priver de viande et me jeûner comme un moine ; je les écoute peu, car le jeûne forcé m'irrite l'humeur. Mais le jardin, lui, je l'aime. J'ai ordonné qu'on plante partout la sauge, qui sauve, et la livèche, qui réchauffe le ventre. On les fait bouillir dans l'eau, on adoucit d'un doigt de miel, et l'on boit chaud le soir. Voilà ma médecine à moi : celle qui pousse sous ma fenêtre et ne me prive de rien.
Ingrédients
- •Sauge — quelques feuilles (herbe médicinale (« salvia », qui sauve))
- •Livèche — une petite branche (herbe digestive du Capitulaire)
- •Eau de source — un bol (base de la décoction)
- •Miel — un doigt (adoucir l'amertume)
Comment on faisait : Au Moyen Âge, la frontière entre cuisine et médecine n'existait pas : les mêmes herbes du jardin assaisonnaient les plats et soignaient les maux. Sauge et livèche figurent au Capitulaire de villis et dans le plan de l'abbaye de Saint-Gall, témoins d'une médecine monastique fondée sur le potager bien plus que sur les drogues rares.
Sources : Capitulare de villis (vers 795), sauge et livèche parmi les plantes ordonnées · Éginhard, Vita Karoli Magni, chap. 22 (Charles et ses médecins, aversion pour les jeûnes) · Plan de l'abbaye de Saint-Gall (vers 820), jardin des simples