Électuaire de sauge au miel
Une pâte épaisse et parfumée de miel cuit, mêlé de sauge pilée, de gingembre et d'un soupçon de cannelle. À prendre par petites cuillerées : on disait qu'elle réchauffait l'estomac et clarifiait la voix — bien utile pour qui enseigne tout le jour.
Une pâte épaisse et parfumée de miel cuit, mêlé de sauge pilée, de gingembre et d'un soupçon de cannelle. À prendre par petites cuillerées : on disait qu'elle réchauffait l'estomac et clarifiait la voix — bien utile pour qui enseigne tout le jour.
Voici une chose qui tient à la fois de la table et de l'apothicairerie, car nourrir et guérir procèdent d'une même sagesse. La sauge — salvia, celle qui sauve — est de nature chaude et sèche ; mariée au miel, qui est doux et purifie, elle réconforte l'estomac froid et délie la langue de celui qui doit parler longuement aux écoles. Fais fondre le miel à feu lent, jette-y la sauge broyée et un peu de gingembre, et garde cette pâte en pot de terre. Une cuillerée le matin suffit : use des dons de la création avec mesure, car la vertu est dans le juste milieu, non dans l'excès.
- •Miel — un bon pot (base et conservateur)
- •Sauge fraîche — une grosse poignée (simple principal)
- •Gingembre — un peu, râpé (épice chaude)
- •Cannelle — une pincée (parfum)
- •Hysope ou fenouil (facultatif) — quelques brins (simple complémentaire)
Électuaire de sauge au miel
Une pâte épaisse et parfumée de miel cuit, mêlé de sauge pilée, de gingembre et d'un soupçon de cannelle. À prendre par petites cuillerées : on disait qu'elle réchauffait l'estomac et clarifiait la voix — bien utile pour qui enseigne tout le jour.
Pourquoi ce plat ? Albert le Grand fut l'un des plus grands observateurs de plantes de son temps. Dans les couvents dominicains, l'apothicairerie jouxtait la cuisine, et les « simples » du jardin servaient à confectionner des électuaires — pâtes de miel et d'herbes que l'on prenait à la cuillère pour réchauffer le corps et apaiser la gorge.
Voici une chose qui tient à la fois de la table et de l'apothicairerie, car nourrir et guérir procèdent d'une même sagesse. La sauge — salvia, celle qui sauve — est de nature chaude et sèche ; mariée au miel, qui est doux et purifie, elle réconforte l'estomac froid et délie la langue de celui qui doit parler longuement aux écoles. Fais fondre le miel à feu lent, jette-y la sauge broyée et un peu de gingembre, et garde cette pâte en pot de terre. Une cuillerée le matin suffit : use des dons de la création avec mesure, car la vertu est dans le juste milieu, non dans l'excès.
Ingrédients (version d’époque)
- Miel — un bon pot (base et conservateur)
- Sauge fraîche — une grosse poignée (simple principal)
- Gingembre — un peu, râpé (épice chaude)
- Cannelle — une pincée (parfum)
- Hysope ou fenouil (facultatif) — quelques brins (simple complémentaire)
Ingrédients
- Miel liquide (de préférence de châtaignier ou de forêt) — 300 g (base et conservateur)
- Sauge fraîche — 15 feuilles (simple principal)
- Gingembre frais râpé — 1 c. à café (épice chaude)
- Cannelle en poudre — 1 pincée (parfum)
- Graines de fenouil (facultatif) — 1/2 c. à café (simple complémentaire)
Préparation
- Ciselez finement la sauge (et écrasez les graines de fenouil au mortier si vous en mettez).
- Faites chauffer le miel à feu très doux, sans le faire bouillir, jusqu'à ce qu'il devienne fluide.
- Incorporez la sauge, le gingembre et la cannelle. Laissez infuser hors du feu 15 min en remuant.
- Réchauffez 2 min très doucement pour bien marier, puis versez dans un petit pot de verre ou de grès ébouillanté.
- Laissez prendre en refroidissant. Conservez au frais et prélevez à la petite cuillère.
- Note : préparation d'évocation historique, à savourer comme une douceur — ce n'est pas un médicament.
Comment on faisait : Les électuaires (du latin electuarium) étaient des pâtes médicinales liées au miel, à mi-chemin entre la confiserie et le remède. Hildegarde de Bingen et les apothicaires monastiques en composaient des dizaines, classés selon les « complexions » chaud/froid/sec/humide de la médecine humorale héritée de Galien — cadre que partageait Albert.
Le twist contemporain : Étalée sur une tranche de pain grillé ou diluée dans une tisane chaude, cette pâte miel-sauge devient un « miel d'herboriste » très actuel, parfait à la mauvaise saison.
Sources : Hildegarde de Bingen, Physica, chapitre sur la sauge (« salvia ») (XIIe s.) · Albert le Grand, De vegetabilibus et plantis (vers 1260)
Albert le Grand · Charactorium